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Où Suis-Je ? Où Vais-Je ?

  • CorineTitgoutte
  • J'arrive pas à choisir entre éducateur, musicien, écrivain ou dessinateur. Du coup, je vous laisse choisir ici !
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A voir aussi

Rendez donc visite à La Carne, mon alter ego énervé. Blog satirique, hygiénique et apériodique.

 

Pour les oreilles :


  • Doude Baolescu : morceaux piochés dans l'ensemble de mon parcours musical.
19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 07:58


Les Français ont l’air con quand ils baisent

Quand ils bouffent, quand ils boivent, qu’ils ont bu

Les Français ont l’air con quand ils baisent

Heureusement l’ridicule ne tue plus


Il y a le mec au-d’sus

Qui s’essouffle et qui sue

En bloblotant des fesses

Et la pauv’ femme en d’sous

Qui vagit comme un gnou

En simulant l’ivresse


Pour mettre du piment

Ils viennent à vingt ou cent

Partouzer sans tendresse

Mais ça n’rend pas plus beau

D’multiplier les veaux

Pour s’en faire des compresses


Les Français ont l’air con quand ils baisent

Quand ils bouffent, quand ils boivent, qu’ils ont bu

Les Français ont l’air con quand ils baisent

Heureusement l’ridicule ne tue plus


Faut les voir attablés

Avec le sourire niais

Et le regard inerte

Leur vie en dépendrait

Qu'je n's'rais pas étonné

Elle en dépend peut-être


Ils palabrent si fort

Ils blablattent, ils pérorent

La bouche grande ouverte

Et luisent leurs babines

Où le jus dégouline

Jusqu'en bas d'leur serviette


Les Français ont l’air con quand ils baisent

Quand ils bouffent, quand ils boivent, qu’ils ont bu

Les Français ont l’air con quand ils baisent

Heureusement l’ridicule ne tue plus


Le comble est au bistrot

Ils s'mettent entre deux rots

Des tonneaux de vinasse

Le coude sur le comptoir

Et racontent leurs histoires

Bien souvent dégueulasses


Leurs idées politiques

C'est la schlague et la trique

Les Le Pen et j'en passe

Et puis le teint pas frais

Ils s'en vont dégueuler

Et crever dans leur crasse


Les Français ont l’air con quand ils baisent

Quand ils bouffent, quand ils boivent, qu’ils ont bu

Les Français ont l’air con quand ils baisent

Heureusement l’ridicule ne tue plus

 

Corinne Tit'goutte - 2008

 

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Published by Doude Baolescu - dans En vers et contre tous
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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 11:39

Résumé des épisodes précédents


J'ai rejoint les Consultants en avril 2007, en tant que 2nde guitare. Je connaissais déjà le batteur (Waranick) et le bassiste (Chris Knight), que j'avais croisés sur Zikinf, un site de musiciens.
A cette époque, ils étaient déjà quatre. Mais ils se sont séparés de leur guitariste pour "divergences artistiques". Ils ont tenté une expérience à trois, peu concluante, si bien qu'on s'est décidé à travailler ensemble.

Nous répétons le jeudi soir à Châteaufort, Yvelines, dans un local appartenant à la mairie qui le prête à l'Ecole de Musique, elle-même le louant à tarif ultra préférentiel à ses adhérents.

Une répétition des Consultants, c'est du sérieux : un pack par personne minimum. La qualité musicale évolue au fil de la répète selon une Courbe de Gauss du plus bel effet. Les répétitions sont publiques ; je veux dire par là qu'il y a toujours une brochette de potes venus picoler à l'oeil et que notre musique ne dérange pas trop. Y'en a même qui l'apprécient vraiment, puisqu'ils amènent eux-même leurs bouteilles. J'plaisante, les mecs, vous êtes les bienvenus !

Nous avons fait quelques concerts ensemble en été 2007, et nous avons décidé d'enregistrer sérieusement nos morceaux (que des compositions originales) à la rentrée.

On a commencé à enregistrer notre démo en décembre, si mes souvenirs sont bons (en ce qui concerne les Consultants, ils ont souvent tendance à être un peu embrumés). Matthieu (alias Lionel, pour les intimes) est un ingénieur du son talentueux, un de mes bons amis. Il a accepté de bosser pour nous à l'oeil, ce qui le rend encore plus génial.

Les débuts n'ont pas toujours été simples ; habitués au Live, nous avons tendance à jouer une musique instinctive, brute, énergique. Difficile de la coller dans un carcan du genre tempo régulier, d'autant plus que de nombreux morceaux tirent leur intérêt de variations du tempo. Bosser au métronome nous a obligé à se réapproprier les morceaux sous un angle différent, qui implique un média entre le groupe et l'auditeur (le disque). Il a fallu quelques séances pour s'y faire, non qu'on soit incapable de jouer sur le temps, mais surtout parce qu'il fallait se détacher d'une ambiance rythmique instinctive et cohérente pour le Live qui ne l'était pas pour le disque.

Cela fait, les enregistrements ont été très rapides. Tous les instrumentaux (tout en son clair) ont été faits à raison d'un morceau pour deux séances environ. L'enregistrement des voix et choeurs s'est fait ensuite.

Nous nous réunissons désormais chez Matthieu pour le mixage : choix des sons, des effets, de l'équilibre... des heures de boulot sur ordinateur (ProTools). On y enregistre aussi des subtilités instrumentales ou vocales supplémentaires.

Aujourd'hui, le résultat est là : http://my.zikinf.com/theconsultants
Il y a encore un peu de boulot de mixage à faire, mais dans l'ensemble, ça va ressembler à ça.

Pour la suite, on va se remettre à bosser pour des concerts estivaux, à commencer par la Fête de la Musique (prévue à Vélizy, bientôt plus de détails). Et par la suite, continuer à enregistrer à la rentrée pour sortir un album, un vrai.

Voili voilou, c'était un début un peu long et sérieux... les prochaines chroniques devraient changer de ton.

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Published by Doude Baolescu - dans Du rock et des cravates
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15 mai 2008 4 15 /05 /mai /2008 09:28

Il était là, depuis plusieurs heures déjà, et nous n'avions rien vu.

Oh, bien sûr, nous avions entendu son tapage, mais il y en a tellement, par chez nous ! Voyez, nous logeons dans un modeste trois-pièces de banlieue ; ancien, moulures en plâtre, parquet plein d'échardes malintentionnées. Surtout, cet appartement possède deux cheminées décoratives bien que fonctionnelles, l'une dans notre chambre, l'autre dans le salon.


De ces conduits s'échappent bien souvent les roucoulades intempestives des pigeons posés sur le faîte de l'immeuble. L'âtre de chaque cheminée est bouché par un volet métallique, ce qui diminue le volume sonore, mais le conduit a une acoustique particulière qui l'amplifie. C'est la raison pour laquelle le bruit caractéristique en provenance de la cheminée de la chambre ne nous a pas alerté tout de suite. C'est le chat qui nous mit la puce à l'oreille. Lorsqu'il pénétra dans la chambre où je bullais en caleçon, il se dirigea droit vers le foyer, se planta devant le rideau métallique et commença à feuler comme un tigre mangeur d'homme devant un touriste américain.

Un con de pigeon était tombé du toit dans le conduit de la cheminée et s'était retrouvé dans l'âtre, chez nous, passager clandestin de notre vaisseau de pierres.

Comment expulser ce colocataire indélicat ?


Dans cette situation, on peut tout imaginer, notamment le pire, et je suis très bon à ce jeu-là. Je voyais déjà l'appartement rempli de plumes bouffies de parasites, un pigeon, mort des suites de sa rencontre avec le chat, qu'il faudra évacuer, ma compagne se vidant de son sang sous l'effet des griffes du greffier qu'elle aura voulu saisir, et moi gisant sans connaissance, devenu borgne après la rencontre de mon oeil avec le bec, la patte ou l'aile du ramier pris de panique à la sortie de sa cache incongrue. On rejouait « Les Oiseaux » dans ma carrée ; je ne pensais pas qu'on pût avoir autant les foies avec un simple pigeon sans être ornithophobe.


A quoi m'a conduit la folle du logis ? J'ai saisi le chat qui faisait les cent pas devant la cheminée et l'ai foutu dehors, comme j'ai l'habitude de le faire quand je veux rester seul avec ma concubine favorite pour lui raconter la dernière histoire de Toto. J'ai foutu ladite dehors aussi. J'ai ouvert la fenêtre. Me suis mis à quatre pattes, plaqué sur le côté de la cheminée, muni d'un cintre dont le crochet me servit à soulever le volet. J'attendis la furieuse envolée du pigeon qui ne vint jamais.

Je risquais alors un oeil craintif dans l'âtre, prêt à bondir en arrière au moindre mouvement suspect qui allait à coup sûr m'éborgner. Rien.


J'avais les mains sur les hanches et l'oeil plein de points d'interrogation quand ma compagne entra accompagnée du chat. Celui-ci se jeta sous le lit, se mit à claquer des dents et à regarder fixement, des lueurs meutrières dans les yeux, le sommet de l'armoire. Le pigeon nous y regardait de son air con de pigeon, et nous le regardions de notre air con de contribuables abonnés à E.D.F. Il était bêtement sorti en se dandinant puis, silencieusement, s'était posé sur ce perchoir.

Le cintre me servit encore, d'arme cette fois, pour effrayer le volatile. Il n'en fut guère impressionné ; j'en étais à me demander si je n'aurais pas plus de succès en lui agitant une boîte de petits pois devant les yeux quand il s'envola mollement par la fenêtre. Je l'y suivit pour l'accompagner du regard et jouir de ma satisfaction du travail héroïque bien fait.

Là, mes yeux tombèrent sur la voisine d'en face qui affichait un sourire narquois. J'étais à la fenêtre, en caleçon, un cintre à la main, poursuivant un pigeon, et cette jolie conne s'en amusait.


Les gens n'ont plus le sens de l'épopée, aujourd'hui.

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Published by Doude Baolescu - dans En direct de mon nombril
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23 février 2007 5 23 /02 /février /2007 15:55

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23 février 2007 5 23 /02 /février /2007 15:53

L'AFFECTATION DES PLACES EN FOYER EDUCATIF...
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23 février 2007 5 23 /02 /février /2007 11:11



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21 février 2007 3 21 /02 /février /2007 10:42
CHAPITRE QUINZIEME



Lorsque l'infirmière eut à regrets effectué l'effort de nous tolérer dans son champ de vision, elle nous admit d'un geste péremptoire dans la salle exiguë où ses consoeurs et elle, en bonnes professionnelles, passaient leur temps en débats savants sur la dernière opération des seins de Pamela Anderson, et sur les visites régulières dans leur service de célébrités de l'intelligentsia telles que Christophe Lambert ou Dalida (qui ne passe plus, Dieu sait pourquoi). 
Sur son badge, le prénom Ursula nous évoqua tant James Bond que nous lui laissâmes notre Andress et notre numéro de téléphone. A la suite de quoi nous nous mîmes en devoir de la questionner, avec toute la rouerie dont nous nous savions capables, sur ces mystérieux transporteurs routiers marqués de l'oeil rouge et menaçant.
Attention, hein ! Je n'ai pas dit que tous les routiers étaient menaçants, pas d'équivoque ni de polémique, Victor, s'il te plaît. Encore que. C'est vrai qu'en y pensant, s'ils n'avaient leurs bras gros comme des bittes d'amarrage, ils trembleraient devant notre légitime colère de futurs ultraviolés cancéreux, ces réchauffeurs routiers. Mais comme avec eux la peur donne diesel, je me vois dans l'obligation de voler au secours des générations futures en dénonçant, une fois encore et malgré les risques que cela implique pour la grâce de mes traits, l'absolue dangerosité du camionneur.

D'abord, le camionneur est fourbe. Il nous distille à hautes doses ses miasmes oléagineux ; l'or noir, dit-on ? Cela ne vaut que pour ceux qui prennent leurs poumons pour la Banque de France. Avec tout ce que nous avons respiré, mon Marquis et moi, nous pourrions travailler chez Total, comme plein gratuit en cadeau de fidélité. Le pire, c'est que ça passe - presque - inaperçu, habitués que nous sommes à faire endurer à nos narines les derniers outrages, de cheminées d'usines en eaux de toilette de supermarché.

Ensuite, le camionneur est impitoyable. La légende le dit sympa, son patron le veut rentable ; en conséquence de quoi, même les auto-stoppeuses les plus court vêtues n'ont plus droit à ses faveurs. Ses calendriers illustrés suffisent à ses maigres besoins ; de toute façon, suivant la tendance des pays nantis, le routier, de gros est devenu hénaurme, si bien qu'en plus de ses pieds, son petit organe rabougri a également disparu de sa vue. Il suffit que sa main s'aventure à l'effleurer pour qu'il se croie en bonne compagnie.
Mais surtout, le camionneur est pressé. Comme tout le monde. Seulement tout le monde ne pèse pas ses trente-huit tonnes, et lorsqu'ils se pressent à plusieurs sur les routes engorgées, les mémères en Mini, les moutards en moto et les Jackys en Fuego font moins les malins et paniquent, à tel point que l'honnête homme qui ne demande qu'une voie de circulation, et encore, pas très grande, et un minimum de courtoisie dans le doigt tendu, se retrouve comme un fauve acculé, contraint au slalom géant pour éviter de froisser la précieuse tôle roumaine de sa Logan achetée à crédit.

En plus, c'est idiot : si le routier veut être à l'heure, il n'a qu'à prendre le train. C'est pourtant simple, non ?


*

*      *


Or donc, voici en substance ce que dit l'infirmière : l'oeil inquiétant était le logo d'une grande firme de culture d'organes oculaires clonés, la Cornée & Bifs. Elle approvisionnait une bonne partie des hôpitaux du monde et d'ailleurs en globes, rétines, cornées, iris et nerfs optiques. Les golden boys de toutes les places boursières lui faisaient les yeux doux, et le moindre éternuement discret de cette multinationale enrhumait bruyamment l'ensemble de la finance planétaire. Vous pensez : siège social sur un yacht battant pavillon bolloréen, comptes en banque dans la plupart des paradis fiscaux, succursales dans tous les pays où la main d'oeuvre coûte moins cher qu'un Carambar... Une entreprise, donc, tout à fait respectable ; les dirigeants européens ne se privaient d'ailleurs pas d'en saluer - en toute discrétion, sans doute pour n'en pas froisser la modestie - les nombreux mérites.

Bien sûr, quelques grincheux tentaient de temps à autres de salir l'image de la firme. Mais quelle meilleure preuve de son excellence et de sa haute tenue morale que ceci : les actionnaires de la Cornée & Bifs sont pour la plupart de proches amis de nos dirigeants, ministres et députés, dont la réputation de probité n'est pas à mettre en doute ! Alors ?


Alors rien, nous n'avions de toute façon pas compris grand-chose aux explications absconses de l'infirmière toiseuse.

Nous subodorions juste qu'il allait nous falloir en découdre avec cette bande d'oculés.


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21 février 2007 3 21 /02 /février /2007 10:37

J'viens de voir les stats du blog, c'est de la folie, j'ai doublé le nombre de visiteurs !
Ca m'en fait au moins deux, tout ça.


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Published by Doude Baolescu - dans Mon blog a une âme
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20 février 2007 2 20 /02 /février /2007 21:28
CHAPITRE QUATORZIEME


Je demanderai ici à l’éventuel éditeur de bien vouloir publier cette partie du livre en braille, étant donné que ce passage est tout entier dévoué à la cause des aveugles ainsi qu’aux courageux héros luttant contre le destin, aveugle lui-aussi, pour redonner à ces hères pas forcément pauvres, la vue qu’il leur prit cruellement (le destin). Hum.
Finalement, non, laissez tomber, les aveugles ont suffisamment de soucis comme ça.

Vous pouvez vérifier, l’hôpital (enfin, l’un des hôpitaux) de Dijon est également près de la fac, c’est vous dire si ce roman est bien fait. Pour nos pieds, je veux dire.

Ce qui est moins sûr, c’est que le service de chirurgie des yeux (ahah !) se trouve au quatrième étage.
C’est néanmoins là que nous nous rendions, sur les indications de la dame préposée à, et pour honorer les conventions des œuvres de fiction qui tiennent tant à ce que les personnages, fussent-ils des services de chirurgie oculatoire, fussent maquillés afin que leur ressemblance avec des trucs existants fusse purement fortuite pour le bon plaisir des gens qui n’aiment pas se reconnaître ailleurs que dans leur petit miroir narcissique à la lueur malsaine de leurs matins blêmes. Je tire à la ligne pour vous faire oublier que j’ai écrit trois fois “ fusse(nt) ”, ce qui est beaucoup pour une seule phrase, tous les instituteurs de campagne vous le diront.

Nous parvînmes donc après l’ascension au seuil d’un vaste hall linoléé (on dit bien carrelé, non ?), exhalant l’éther par une porte battante double qu’hardiment nous franchissâmes. Nous reprîmes rapidement notre souffle après avoir, en une phrase seulement, monté quatre étages par les escaliers et ouvert une porte, le tout au passé simple, ce qui tient de l’exploit.
Le hall était le théâtre d’une agitation incessante ; des personnes en blouse blanche couraient à la suite de personnes en lunettes noires, ce qui nous fit tout de suite penser à une soirée V.I.P. chez Régine ou à Saint-Tropez, quand les brutes thérapeutiques des maisons de retraite huppées pour stars finissantes viennent récupérer manu militari leurs pensionnaires en bamboche, à dix-huit heures pour la soupe.
Après avoir cherché quelques instants Bardot des yeux, au cas où, pour lui balancer du mou de veau en travers de la gueule, nous nous mîmes enfin en quête d’une aimable infirmière qui eût pu nous renseigner sur l’étrange et inquiétant symbole qui avait mené nos pas incertains (mais libres d’ampoules, merci) jusque là.

Justement, sur notre droite, une porte vitrée où brillait une petite plaque dorée marquée “ bureau des infirmières ” nous indiqua fort justement le bureau des infirmières, comme quoi le Port-Salut n’a rien inventé.
A l’intérieur, ces héroïnes camphrées bourrées d’éther et de savoir médical, entre autres, étaient tout occupées à leur rude combat contre le destin aveugle dont il est question plus haut, mais je vais finir par me répéter si je n’y prend pas garde. Rude combat (vous voyez ?), donc, où ces combattantes, armées seulement de leur courage, et de quelques seringues affûtées tout de même, on n’est pas chez les scouts ici, tâchaient de guérir une foule anonyme d’aigris pointilleux sur tout, critiquant de la soupe insipide de ces endroits jusqu’à la manie pourtant sympathique des personnels soignants de vous appeler par le nom de votre maladie. A la décharge de ces rabat-joie, il est vrai que, cécité faisant loi, l’humeur n’est probablement pas à l’euphorie quand on souffre à l’œil (la santé n’ayant pas de prix).

Ne croyez pas que nous suivrons l’habitude de vous placer un laïus sur le thème en cours comme nous avons pu le faire à propos de l’université, des supermarchés, des architectes ou des ingénieurs ; loin de nous l’idée de railler Asclepios en son antre, des fois qu’il nous y garde, le con. Non, l’Hôpital est trop digne, avec ses nobles chercheurs ès verrues plantaires, ses médecins sachant le latin bien mieux que la politesse, ses infirmières pas polissonnes pour un sou qui font un pied de nez à l’imaginaire populaire et salace des maniaques de l’uniforme (et oui, tout se perd, ma bonne dame, jusqu’aux bas seuls sous une blouse échancrée ; aujourd’hui, il suinte autant d’érotisme d’une infirmière que de sueur dépourvue d’E.P.O. d'un sportif, l'un comme l'autre du même coup devenant arguments rédhibitoires à la libido) ; ses aides-soignantes portugaises, ce qui est loin d’être un défaut, qu’on cantonne aux tâches subalternes par manque de personnel alors que leur talent supplante bien souvent les balbutiements thérapeutiques de jeunesses sorties des écoles, diplôme de carton en poche ; et tous les autres personnels administratifs, de service, d’entretien, qui poussent la sollicitude jusqu’à n’afficher que rarement, en lieu et place d’un vague mépris pour l’être faible et couché distillateur de germes malsains, le sourire de commisération et de circonstance qu’ont les cons devant plus malheureux qu’eux.
Ô, vision scabreuse de ces sauveurs d’une humanité imbécile dont ils sont les bien dignes fleurons !

Non, nous ne parleront pas non plus des patients ; ni ceux qui, trop pauvres pour avoir la télévision dans leur dortoir encombré, s’occupent comme ils peuvent en emmerdant sans relâche les braves femmes reliées au petit bouton qu’ils tripotent comme un puceau tripote un clitoris, trop vite et très mal ; ni ceux qui sont trop riches pour imaginer un seul instant qu’on ne puisse les guérir dans l’heure, se préparant déjà sur la table d’opération à signer un chèque fouisseur de trou de sécurité sociale comme on passerait à la caisse de chez Fauchon, et exigeant par la vertu d’icelui un service qui convient à leur rang.
Ô, vision apocalyptique de tous ces emmerdeurs couchés crachant à la médecine debout leurs exigences futiles de grands malades de l’existence !

L’hôpital certes vivrait mieux sans malade.

Mais voilà, vous nous avez eu, d’accord, nous déblatèrâmes, avec la mauvaise foi constante qui nous honore, sur l’hospice, alors que, si nous étions véritablement honnêtes, nous aurions dû fustiger quelque Ministère de la Santé, voire quelque Secrétariat d’Etat aux Personnes Âgées. Mais, en toute franchise : n’avons-nous pas été suffisamment témoins de leur ridicule lors d’une récente canicule qu’ils soignèrent à coups de climatiseurs propices à la prochaine éclosion épidémique de pneumonies doubles ? Ne se sont-ils point suffisamment couverts d’opprobre quand, non contents d’être de droite, honte à eux, ils poussèrent le cynisme inhérent à leur bord jusqu’à conserver le polo Lacoste en causant à la télé alors que tant de jeunes banlieusards désespèrent de trouver des vieilles suffisamment pensionnées pour s'offrir la marque au crocodile ?
La rue ne gouverne point, d’accord. Laissons-la donc renverser les têtes qui s’imaginent gouverner à sa place ; que dis-je, laissons-la ? Non, poussons-la, car la rue, dans ses revendications légitimes, devrait être poussée un peu plus loin que la place de la Bastille, joli coin de Paris certes, mais politiquement aussi efficace qu’un discours de Mesrine au volant de sa voiture pendant son arrestation. La démocratie en France ne fut, en fin de compte et depuis De Gaulle, que l’action dérisoire de remplacer le roi Louis par le roi des cons. Méditez un peu ceci, et vous aurez toute légitimité pour parler de démocratie américaine.


*
*    *

Tandis que revinrent les petites étoiles chéries, nous frappâmes donc à la porte vitrée du bureau des infirmières.
Quelques éons plus tard, une blouse blanche vint nous ouvrir sans un regard. L’infirmière est généralement petite, si bien que, même avec les semelles compensées livrées avec la blouse, elle ne peut signifier sa hauteur en toisant ; ne lui reste, pour montrer son mépris au profane, que la solution de regarder ailleurs.
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20 février 2007 2 20 /02 /février /2007 10:41
CHAPITRE DOUZIEME


Non, on ne dira rien de ce nom de chapitre falot et plat. Il ne mérite même pas qu’on s’y arrête, c’est à se demander si nous n’aurions pas dû nous rendre directement au prometteur chapitre treize auquel conduisait si naturellement l’occultiste des yeux précédemment évoqué. D’ailleurs, chiche. On le fait.



CHAPITRE TREIZE
Tremblez mortels car c’est par treize fois que vous serez pendus, trahis, décapités, molestés, violés, fist-fuckés, tire-bouchonnés et râpés à grands coups de lime-fast.


Ha ! Ca pète, hein ?


Or donc, sur le pas de l’oculiste, ou en tout cas sur celui de sa porte, nous respirâmes un bon bol d’air chargé d’oxydes en tous genres, très bons pour le teint si l’on est né schtroumpf ; tout soudain, le commerçant qui avait fini par fourguer des verres pour presbyte à Cupidon et des vers d’Eluard à la Justice pour l’emmerder, jaillit prestement à notre suite en braillant (normal, pour un oculiste) que “ au voleur ” et toutes ces sortes de choses.
Nanti de sa canne blanche et de vingt-trois paires de lunettes de soleil toujours sur son pif qu’il n’avait point payées, le Marquis arrêta pile son mouvement, tendit les bras devant lui et pris l’air égaré, comme il savait si bien le faire, fouillant le vide de ses mains à la recherche d’un hypothétique salut que jamais il ne trouva, bonjour monsieur Vincent.

Avant que l’esclandre fût constatée par la maréchaussée et transmise à qui de droit, j’arrachai d’un geste souple les lunettes de mon compère, fulminant contre le Commerce indigne ôtant à l’Aveugle les attributs de son bon droit, et les tendis rouge de hargne au plaignant. J’attaquai le couplet sur le capitalisme sauvage plus soucieux de profits que de bonheur populaire quand mon Marquis s’écria :
“ Je vois ! ”.
Nous en restâmes comme deux ronds de flan, l’oculiste et moi. Surtout moi, en fait, car j’imite très bien le rond de flan. Le Marquis, que j’imitai bien vite (aussi), se jeta à genoux, mains jointes, et commença à louer le Seigneur, ce qui ne faisait pas les affaires de l’opticien dont la location de seigneurs, quels qu’ils soient, n’était pas le rayon. De quel Seigneur s’agissait-il, Lui seul le sait sans doute à condition d’être capable de dénouer l’écheveau tortueux des pensées du Marquis. 

Devant le miracle, binoclesman nous abdiqua la canne blanche que nous voulions conserver en cas de rechute (il choit beaucoup, dans cette aventure, notre Marquis, ne trouvez-vous pas ?), mais il conserva par-devers lui avec cette avidité malsaine qu’on imputait aux juifs, mais qui tout compte fait n’est que l’apanage des cons, toute religion confondue, les quelques paires dont il nous accusait du rapt. Je le remerciai tout de même encore, non seulement pour la canne, mais aussi pour m’avoir fourni un substitut honorable à “ enlèvement ” qui me permettra par la suite d’éviter de vous reparler de kipnad… de kinadp… et merde.

Puis, bon prince tout de même, il nous lâcha :
“ Votre œil, là, il me dit quelque chose. ”
Après m’avoir laissé impitoyablement transpirer un instant dans le vain espoir de me regarder l’œil à l’aide de l’autre pour tenter de comprendre ce qu’il voulait dire, il reprit :
“ Non, l’œil, sur la feuille de papier, celui que vous m’avez montré à l’instant… Je l’ai déjà vu quelque part, j’en suis sûr. Ah ! J’y suis : un camion de livraison, lorsque je travaillais à l’hôpital, en chirurgie ophtalmologique. Vous devriez aller voir là-bas. ”

Salaud. Comment voulait-il que nous demandassions le service de chirurgie optalpho… otaphomolo… ?
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