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Où Suis-Je ? Où Vais-Je ?

  • CorineTitgoutte
  • J'arrive pas à choisir entre éducateur, musicien, écrivain ou dessinateur. Du coup, je vous laisse choisir ici !
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A voir aussi

Rendez donc visite à La Carne, mon alter ego énervé. Blog satirique, hygiénique et apériodique.

 

Pour les oreilles :


  • Doude Baolescu : morceaux piochés dans l'ensemble de mon parcours musical.
1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 15:08

 

Once upon a time there was a war

He signed into for some dollars a day

He was proud of the uniform he wore

And the flag for which he has gone away


He came in a land that for him was unknown

He didn’t know why he came into this place

He didn’t use to ask himself those questions

He just knew he wanted to show his courage


And he killed and he killed again

Not to be killed, not to go insane


When the bombs’ sound slowly went away

He sat down and just started wondering

Where’s the glory he wanted to be paid

Who gave him the right to steal so many beings


Who’s right, no matters

Death came, death went… that’s all

 

(traduction approximative du Brave petit soldat...)

 

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 21:08

 

Un nouveau défi de l'Essaim d'Esprits...

 

Les contraintes


La forme : Celle que vous souhaitez ( nouvelle, poeme, slam, chansons.....)
 
La taille  : Minimum 40 lignes pour les textes
             Minimum  4 strophes pour les poemes
 
Le sujet :  Je cherche du travail
 
 
Contraintes : - Utiliser 10 sentiments ( haine, amour, amitié, joie, peine, .......)
              - Parler a la première personne du singulier (JE....vous saviez ça, hein ?)
              - Interdiction d'utiliser : ANPE, ASSEDIC, Curriculum, motivation,postuler, entretient( sous forme entière ou abrégée.....)
              - Interdiction d'utiliser le verbe "avoir" sous quelle forme que ce soit, participe passé compris, et en tant qu'auxiliaire aussi !
              - Trouver et utiliser 10 mots de plus de 5 syllabes
              - Citer un proverbe de Jean de la Fontaine dans votre texte (seul endroit ou le verbe avoir sera toléré.)

 

 

 

Le texte :





- Hé m'sieur ! Je peux te demander un renseignement ? 

- Mais tout à fait, innénarrable jeune homme, je vous écoute attentivement

- Hola, zyva comment tu parles trop bien, m'sieur, j'suis soufflé comme c'est trop stylé !

- Merci, vous me gênez... Alors, que puis-je pour vous agréer ? 

- Alors, je cherche chez m'sieur Ampoix. C'est dans cette rue mais je trouve pas. Ca me vénère grave. 

- Monsieur Ampoix, dites-vous ? Mmh... je ne vois pas... 

- Si ! M'sieur Ampoix, il roule en Renault, même...

- Me voilà dans une expectative inhabituelle. Franchement, non, je ne vois pas, jeune homme... pouvez-vous m'en dire plus ? 

- Ben c'est mon connard d'éducateur qui veut que je cherche du taf et y m'dit faut que j'aille chez Paul Ampoix, là où qu'est la Scénic. Mais y m'gonfle grave à m'envoyer dans des trucs qu'existent même pas... 

- D'accord... je vois mieux... et je suis tout à fait d'accord avec vous : certaines personnes ne semblent sur Terre que pour abuser de notre gentillesse et de notre bonne volonté. C'est absolument insupportable et c'est pourquoi je vais vous aider. Il est de notre devoir de favoriser les initiatives adolescentes

- Stylé ! Zallez faire quoi ? 

- Il se trouve que je suis fort marri et bien embarrassé. Je dois accomplir une livraison ; mais je suis également coincé ici puisque j'attends ma vieille maman qui est partie se faire couper les cheveux chez une amie. Cette situation dérisoirement cocasse m'ennuie profondément. 

- Heu... ça veut dire quoi ? 

- Pardon. Vous voudriez me rendre le petit service de livrer ce colis ? Je vous dédommagerai grassement. 

- Stylé ! Ca veut dire que tu vas payer ? Excellent, j'kiffe grave. 

- Oui ! C'est cela. Le travail est simplissime : vous emmenez ce paquet au commissariat, vous revenez et je vous octroie une rémunération de 100 euros. 

- 100 euros pour ça ? D'la balle ! Mais... par contre, le commissariat, j'sais pas trop... des fois, ils veulent me garder.

- Bast, laissez-moi donc votre couvre-chef, ce sera un gage de l'exemplarité de votre conduite et vous ne subirez aucun désagrément avec la maréchaussée. 

- Mon quoi ? 

- Votre chapeau. 

- Quoi ? Ma casquette des Spurs ? T'es ouf dans ta teutê, toi ! J'laisse pas ma casquette, rien à foutre. J'supporte pas. 

- 100 euros. Vous pourriez vous acheter un nombre incommensurable de casquettes, avec cette somme. Je suis désagréablement surpris de vos tergiversations

- Bon, bon, OK, j'vais le faire, sois pas fâché. T'nez, ma casquette. P'tain, c'est lourd, votre truc. Et heu... tu peux m'donner une garo aussi ? 


*

*    *


ATTENTAT DANS UN COMMISSARIAT DE BANLIEUE

 

Vitry-sur-Seine, 12 avril 1996. Un attentat au colis piégé s'est déroulé au commissariat de Vitry-sur-Seine hier vers 15 heures, faisant trois morts et douze blessés. Parmi les victimes, on dénombre bien sûr des policiers, mais aussi des usagers, dont, détail regrettable, un mineur de seize ans. Les enquêteurs du commissariat de la ville voisine de Villejuif se sont immédiatement mis en chasse. 

Les dégâts matériels sont également impressionnants. Les premières estimations indiquent qu'il faudra des mois de travaux pour remettre le commissariat en état. C. T. 



*

*    *


- "Tout flatteur vit aux dépends de celui qui l'écoute."

Et je ne fume pas, petit con.

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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 10:20

"Papa... j'ai un papy et une mamie qui sont le papa et la maman de maman. Mais j'ai aussi une mamie qui est ta maman. Et est-ce que j'ai un papy qui est ton papa ? Il est mort mon papy qui est ton papa ?"
Nina a un visage avide de savoir. Tout est grand ouvert dans son expression, les yeux, la bouche, narines, et, si elle en avait physiquement la possibilité, les oreilles. Elle attend que tombe de l'altier visage de son érudit de père le savoir jaillissant comme naguère elle s'abreuvait avidement au sein nourricier de sa sublime génitrice.

J'hésite. La situation est compliquée. Je prends une grande inspiration et me lance.

- Tu sais, mon papa et ma maman ne sont plus amoureux et sont très fâchés ; et moi aussi, je suis très fâché contre mon papa. Donc on ne le voit plus depuis longtemps... mais tu as un papy qui est le papa de ton papa, et il n'est pas mort, en tout cas pas que je sache, mais tu ne le connais pas... Il a une nouvelle amoureuse. Et ta mamie qui est ma maman a un nouvel amoureux, mais ce n'est pas ton papy."

La mère susdite de ma fille entre alors et nous surprend dans cette conversation familiale et tragique. D'un haussement d'épaules, je lui explique :
"J'essaye de faire comprendre à Nina les joies complexes et subtiles des familles recomposées..."

Nina m'interrompt :
"Alors la nouvelle amoureuse de mon papy, c'est une mamie recomposée ?"

Fou rire.

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24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 20:04

Je sais, ce genre de fadaises existe partout sur le net, ce qu'on appelle les perles enfantines. La vérité sort de la bouche des enfants, en général, c'est pas le proverbe auquel j'adhère. Sur ce blog, et sur La Carne aussi d'ailleurs, ce qui sort de la bouche des enfants est moins racontable pendant les repas de famille.
Si je sacrifie donc au cybermarronier puérilo-machin, c'est d'une part parce que les mots d'enfant que j'y cite sont authentiquement de ma propre fille, ce dont tout le monde se fout mais quand même, et d'autre part parce qu'ils sont de véritables et d'irrésistiblement drôles pieds de nez à la mort.
J'inaugure donc avec la perle dont je fus l'auditeur au repas de ce soir.


*
*    *


Ma fille, la bouche pleine et les yeux froncés, se tourne vers sa mère et lui demande : "Dis, est-ce que tu vas vivre pour l'éternité maman ?"
La bouche pleine aussi, un peu interloquée par la brutalité de la question, ma douce et tendre moitié (Lili, pour ceux qui ne le sauraient pas) lui répond que "oui, je vivrai pour l'éternité dans ton coeur, ma chérie", comme quoi elle n'est pas que spécialiste en M.A.O. (Méchanceté - Aggressivité - Opportunisme).
Apparemment satisfaite de la réponse, la nabotte reprend la mastication laborieuse de sa saucisse aux épinards.
Puis se tourne vers moi : "Et toi papa, est-ce que tu vas mourir dans longtemps ?".
"J'espère", lui dis-je avec beaucoup de conviction. Et pour ne pas être en reste de ma compagne, j'ajoute : "et moi aussi, même quand je serai mort, je continuerai à vivre dans ton coeur", ce qui témoigne, outre d'une absence totale de sens de l'à-propos, d'une tendance à la mesquinerie tout-à-fait écoeurante.
"Ah oui, dit alors ma fille, tu vas devenir très vieux avant de mourir ; et maman aussi, elle va devenir très vieille avant de mourir".
"Oui chérie, dis-je, l'espérant prophétesse, c'est exactement ça".
Et de cet air à la fois sérieux et plein d'amour de ces enfants qui offrent des cadeaux, elle conclut :
"Alors quand vous serez très vieux, je vous offrirai un caniche".

*
*    *

Ca nous apprendra à lui laisser écouter Didier Super...

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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 12:30

L'autre jour je me suis dit

Que ça serait bien que je conduise

Alors je me suis inscrit

A l'école "Fenlabise".

 

A la première leçon

J'ai trouvé ça marrant

De toucher aux boutons

Et de tourner le volant.

 

Et à la deuxième heure

C'était pas plus difficile

Sauf que le moniteur

Me traitait d'imbécile.

 

Puis vint une monitrice

Qui sentait bon comme du pain

Qu’était belle comme une actrice

J'ai perdu mes moyens.

 

Quatrième heure affreuse

J'utilise les pédales

Mais la caisse est capricieuse

Il faut toujours qu'elle cale.

 

Et oui, déjà dix cours

L'expérience m'a montré

Ben qu'à un carrefour

Y faut bien s'arrêter.

 

Vingtième, et le moniteur

Etait vraiment tout pâle

Je crois bien qu'il avait peur

Ou bien qu'il avait mal.

 

Trentième et quand j'en sors

Les autres trouvent ça comique

Le prof a pas l'air d'accord

Plutôt l'air hystérique.

 

Ca se passait plutôt bien

Je n'avais écrasé

Que trois vieilles et un petit chien

Et presque rien abîmé

 

Centième heure et enfin

Après délibération

Je suis prêt pour l'examen

Cette fois c'est pour de bon

 

L'inspecteur a l'air dur

Je sais pas c' qui m'a pris

J'ai cassé la voiture

J'ai pas eu mon permis.

 

J'ai vraiment pas eu de chance

Mais conduire c'est si bien

Que je me rinscris à l'agence

Et je recommence demain.

 

L'autre jour je me suis dit

Que ça serait bien que je conduise

Alors je me suis inscrit

A l'école "Fenlabise".

 

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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 07:39

Pour ce nouveau défi d'Henriette Mauvaise Foi pour l'Essaim d'Esprits, la consigne était : 


Ecrire en rime, quel que soit votre style, prose, slam, poésie, on s'en fout.....des rimes, c'est tout
Placer les mots suivants dans l'ordre précis :
                     - Exergue
                     - Sexologie
                     - Mathématiques Appliquées
                     - Muraille
                     - Astrologie
                     - Bouffonerie
 
Le sujet :    Je rentre de vacances, je me suis fait cambrioler, et j'ai des morpions en plus !

Le texte

 




Après les trois jours de bouchons réglementaires

Qui mirent en exergue ma patience légendaire

(J'eus à maintes reprises l'occasion de l'exprimer

A grands coups de klaxon et de doigts levés),

Je revins enfin de Deauville à mon beau Saint-Denis

Avec des souvenirs de vacances dignes d'un traité de sexologie.

Pour compter mes conquêtes d'une heure ou d'une soirée

Il faudrait sortir d'une école de mathématiques appliquées ;

Je repense à ces Josiane, à ces Germaine, les cheveux en bataille

Au regard chaviré de ces sirènes au moment de passer la muraille.

Qu'elles fussent ou non férues d'astrologie

Leur horoscope de l'été avait été garni.

Je sifflote donc en montant l'escalier

Qui mène chez moi, mais en arrivant sur le palier -

Mon Dieu, quelle est cette bouffonerie ?

La porte bée sur l'intérieur de mon logis

J'entre comme un fou : on m'a tout pris

Ma collection d'Autotuning, mon poster de Johnny

Le Jésus en plastique au dessus de la télé

Et la photo dans son cadre de Brigitte Lahaye

Je sens le sang de mon visage refluer

Et dans mon Eminence le troupeau s'agiter

Car si, horreur, je n'avais plus rien pour poser

Les jolis coquillages peints que j'avais ramenés

J'avais eu la sage prévoyance

De rapporter de vacances

Des souvenirs discrets donnant toute satisfaction :

Pas besoin de support pour exposer ses morpions.

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Published by CorineTitgoutte - dans En vers et contre tous
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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 12:14

Je salue aujourd'hui (et un peu tardivement) la naissance du blog de mon amie Feather, l'Artiste-Femme. Textes, photos et arts plastiques, un véritable feu d'artifice de talent. Allez y jeter un oeil, c'est du bonheur. Et c'est un ordre.

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Published by CorineTitgoutte - dans Moi aussi j'ai des amis
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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 21:10

Salute !

Puisque les Consultants sont morts (mais les zombies ne sont pas une légende) et que je suis un peu désoeuvré musicalement, j'ai pris le temps de concocter une surprise à ma douce amie
Henriette Mauvaise Foi en mettant un de ses textes en musique.
Je ne résiste pas à l'envie de vous mettre le résultat ici, d'une part parce que je ne peux rien vous cacher, et d'autre part parce que ça me donne l'occasion de vous redire combien son blog et sa poésie sont géniaux.

Cette tentative ne sera pas la dernière puisque je suis en train de travailler sur d'autres arrangements sur ses textes délicieux.



Note : le mixage est bien entendu réalisé par Mathieu - smouack.

[Spoiler pour les Francs Blogueurs]

Par ailleurs, ne manquez pas le dernier épisode des Enquêtes de J. de l'excellentissime Jérôme Fansten, qui m'a fait l'immense honneur de prendre ce morceau comme illustration de son texte. Qu'il en soit encensé, léché et remercié jusqu'au fond ainsi que sa descendance pour les siècles des siècles, amen.

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Published by CorineTitgoutte - dans Du rock et des cravates
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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 19:47

Ca fait un moment que l'idée d'adapter en BD les scénarios de jeu de rôle que j'ai écrits me trotte dans la tête.
Ces derniers temps, j'ai pris le cocu par les cornes et j'ai décidé de sérieusement bosser le dessin, non pas forcément dans la technique pure (il me faudrait des fortunes en cours pour ça !) mais dans la cohérence et le style en rapport au récit.
Je me suis donc décidé pour un dessin épuré, très "école belge", avec une teinte de manga, pour illustrer une histoire médiévale fantastique qui parle d'écologie, de tolérance et d'humanité. Enfin, qui parle de pollution, de racisme et d'inhumanité, surtout. Mais faut bien commencer quelque part.

En voici les esquisses.





















































(A suivre)

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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 17:37

Dans le cadre du blog communautaire "L'essaim d'esprits", voici ma participation au défi d'écriture "Jeu à la con" proposé par Henriette Mauvaise Foi. Les règles étaient les suivantes :

             Utiliser 12 prénoms commençant par la lettre G
             Utiliser 4   villes commençant par la lettre S
             Utiliser  9   animaux, sauvages ou domestiques
             Utiliser 8  ustensiles de cuisines
             Faire intervenir  : 1 huissier, 1 boulanger, 1 ostréïculteur,  1 curé, 1 chanteur connu ( au choix ).
             Utiliser les expressions :  Con comme la lune
                                         J'ai perdu ma brouette
                                         Ca me gratte de l'interieur
                                         Infection ovarienne
 
             Contraintes :  Cela se passe sur une journée, soit entre 6h du matin et 18h
                                  Nous sommes en 1950
                                  Vous etes narrateur et non acteur



Le texte




"Merde alors ! J'ai perdu ma brouette !"
Gérard, les poings sur les hanches et le bide velu moitié sorti du marcel presque blanc, affichait une face étonnée de gros ahuri apoplectique. Il regardait la remorque de son pick-up d'où l'instrument précité avait dû tomber à cause des cahots parkinsonniens du chemin à flanc de côteau qu'il venait d'emprunter. Ginette allait gueuler, ça c'est sûr. La perspective du rouleau à pâtisserie barbouilla sa bonne tête de con. Il remonta dans la camionnette et repris, au pas, le chemin en sens inverse.

"Ca me gratte de l'intérieur".

Elle avait dit ça à Gilles-Henri sur un ton neutre alors qu'elle lisait le dernier numéro de "Gaëtanne" (le Marie-Claire des niçoises de l'élite), vautrée nonchalamment sur un transat Georgio Armani d'époque. C'était à Saint-Raphaël, un matin de juin 1950. Ils prenaient leur petit-déjeuner sur la terrasse de la villa, en compagnie de Guy-Geoffroy, leur fils, qui à huit ans ne savait toujours pas tenir une fourchette correctement, et de Glawdys, le persan con comme la lune, qui se barbouillait les poils des babines des restes de caviar de la veille qu'on lui servait à la louche, comme à Stalingrad.
Gilles-Henri ne chercha pas à capter son regard ; il savait de toute façon qu'il ne le trouverait pas, bien caché derrière de grosses lunettes de soleil à monture d'écailles. En plus, il se foutait un peu de connaître l'état d'émotion de sa femme. Depuis des années, c'était l'Entente Cordiale mais le mur de Berlin n'était pas encore tombé.
"Il va falloir que j'emmène cette vachasse chez l'ostréïculteur se faire percer l'infection ovarienne à coups de couteau à huîtres", pensa-t-il avec son solide humour méditerranéen - la suffisance de sa femme la plaçant au-dessus des moules populaires. Il était en même temps rassuré ; ils faisaient chambre à part depuis suffisamment d'années pour éviter le partage des désagréments scrofuleux. Avec un soupir, il reposa son bol de café.

Gérard, de plus en plus rougeaud façon homard dans sa marmite - et de plus en plus inquiet de la réaction de sa femme - parcourait en vain le sentier qui reliait sa maison dans les hauteurs à Saint-Raphaël. Cette bon dieu de brouette s'était tout de même pas évaporée ! Ca cognait sévère, même tôt le matin, mais c'était pas une raison pour croire aux ovnis kidnappeurs d'ustensiles du BTP.
Il devait ramener du ciment de chez Giulio de San Remo, l'italoche qui faisait maçon, comme tous ceux de sa race. Comme Gérard était boulanger, c'était un échange de bons procédés, un programme "Ciment contre Farine" ; mais Giulio, c'était un obsédé. Pas question que quelqu'un d'autre touche à sa brouette de rital, alors Gégé avait dû amener la sienne pour trimballer le ciment en vrac.

Le père Antonin, grand comme une patte de héron et sec tout comme, accueillait dans son confessionnal Maître Gaston Queutard, huissier, spécialiste des saisies suite à fraude fiscale. La confession qui se déroulait dans le réduit obscur était quelque peu renversée. Le bon curé, qui n'avait pas encore perdu l'habitude acquise dans la dizaine d'années qui avait précédé, lui sussurait à l'oreille les noms des mauvais contribuables à mauvaise conscience qui venaient raconter à Dieu leur forfait. Maître Queutard notait dans son petit carnet à spirale, absolvait le curé, et allait tout balancer à la perception du cru en échange de l'assurance que c'est lui qui se chargerait des saisies. Avec une commission sur chaque prise, Maître Queutard se faisait des couilles en or.

Gilles-Henri ouvrit la portière passager de sa MG à Gisèle. Son épouse s'y engouffra, un peu raide. Il démarra en trombe avant qu'elle eut fini de se sangler, ce qui la fit rouspéter. Gilles-Henri en avait tellement l'habitude qu'il n'y prêta aucune attention. A vrai dire, Gisèle ne s'était sans doute même pas rendu compte qu'elle l'avait fait.
Le gynécologue - l'ostréïculteur, pardon - de Madame était à Saint Trop', bien sûr. C'était aussi celui de Gloria Lasso, qu'elle avait un jour rencontrée dans la salle d'attente, avec son caniche nain. Juste le temps d'un sourire légèrement gêné, d'un bonjour de convenance. Depuis, Gisèle paradait en se prétendant une de ses relations.
Gilles-Henri descendit de son bolide, ouvrit à sa femme qui s'en extirpa péniblement.
La plaque du médecin annonçait "Géraud Pasquier, ex interne des hôpitaux de Paris". Un parigot, dans la région, ça faisait toujours rire. Mais un médecin pour femme, là, ça forçait le respect. Triple magie de l'étranger, du diplôme et de l'intimité des femmes.
Gilles-Henri remonta en voiture et alluma une cigarette pour patienter. Ca dura. Il commençait à avoir des envies de meurtre. De ceux qu'on commet quand on est beurré à un repas de famille et qu'on a dans les mains un hachoir pour l'os du gigot d'agneau.
Avisant une église ouverte, il réfléchit une minute, puis s'y rendit.

Giulio, pour tuer le temps en attendant le boulanger, se masturbait au-dessus de sa brouette en chantonnant du Tino Rossi. Un rossignol l'accompagnait sur sa branche.

Les poings de nouveau sur les hanches, Gérard soupirait en jetant un oeil vague sur la pente sous lui. Soudain, son visage rond et creux s'éclaira. Son regard s'était affirmé sur le ravin où , non loin de lui, une couleuvre se faisait griller le sang. Cette brouette à la con avait dû dévaler la pente raide comme un toulonnais un soir de retour au port. Il remonta dans son brancard.

Gilles-Henri dut patienter encore devant le confessionnal. Puis Maître Queutard en sortit, toisa le bourgeois ; un sourire en coin plus tard, l'huissier avait disparu. Gilles-Henri pénétra le local. "Pardonnez-moi, mon père, parce que j'ai pêché. Je rêve que je tue ma femme. Je rêve qu'elle meurt. Sans arrêt."
Cela dura un peu aussi. Puis, plus léger, Gilles-Henri sortit et repris son poste dans sa voiture.

Maître Queutard pénétra à nouveau, discrètement, dans l'église.
Il en ressortit quelques instants plus tard, adopta son look "agent d'assurances", une ruse de Sioux pour pénétrer chez les particuliers et évaluer leur patrimoine. Puis il pris la direction de la villa de Gisèle et Gilles-Henri.

Gisèle ressortit enfin du cabinet du Dr. Pasquier. Elle était pâle comme si le toubib lui avait fourragé le réchaud avec une pince à escargots. Gilles-Henri n'y prêta aucune attention et démarra avant qu'elle fût attachée, mais elle ne ronchonna pas.

Gérard retrouva sa brouette sur la route en contrebas du ravin. Il gara son pick-up approximativement sur le bas-côté, un peu plus loin, et descendit.

Gisèle ôta ses lunettes de soleil et regarda son mari qui, lui, fixait la route.
"Gilles-Henri, j'ai probablement un cancer de l'utérus". Il daigna enfin la regarder.

Il était midi. Les cloches de l'église du père Antonin se mirent à sonner.

A la porte de la villa, Maître Queutard sonnait.

Giulio déchargea à longs traits saccadés dans la benne de sa brouette sur la fin du refrain de Marinella.

La MG percuta de plein fouet Gérard et sa brouette ; le tout vint s'encastrer dans le pick-up dans un vacarme épouvantable de ferraille tordue.

Le rossignol se tut.

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