Lundi 12 octobre 2009
- Publié dans : On dit qu'au moment de mourir - roman
Curieusement, c'est en quittant la blouse bleue évanescente de malade et en réintégrant ses stricts vêtements civils que Jérémy se sent devenir fantôme. C'est qu'il a eu pendant ce temps incertain d'alitement le sentiment de complétude qu'il avait jusqu'alors ignoré chercher.
Ses pas se traînent sur le dallage du hall. Il tergiverse en sachant qu'il sortira de toute façon. Il prend une barre chocolatée au distributeur. Il se tourne vers la vaste porte vitrée automatique. Deux silhouettes indistinctes, en contre-jour dans la clarté aveuglante du dehors, pénètrent par là, accompagnées d'un vent glacial et des hurlements stridents d'une sirène.
C'est sans doute ce son qui permet au monde de tourner à nouveau. Jérémy fait un pas dehors. Le volume devient presque insupportable, mais le décor de Jérémy reprend des couleurs et se gonfle d'une vie nouvelle. Il voit le vent promener un sac plastique multicolore, agiter les feuilles des platanes bordant la contre-allée, s'engouffrer dans les vêtements lourds des passants pressés.
Le camion rouge des sapeurs-pompiers passe en trombe, hurlant d'urgence, devant Jérémy. Il sait ce qu'il doit faire ; il a une araignée à sauver des flammes.

Par CorineTitgoutte - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
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Commentaires

Un homme qui expérimente l'errance et qui sauve des femmes.
Hum, un Super Jérèm'...
Je suis en plein comic, désolée!
Commentaire n°1 posté par Hime le 20/10/2009 à 12h45
il expérimente les deux en fait ! ;)
Réponse de CorineTitgoutte le 20/10/2009 à 20h44
Oui, à n'en point douter.
Je voulais juste dessiner d'un trait mon comm' hic's trip.
Commentaire n°2 posté par Hime le 21/10/2009 à 17h51
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