Rendez donc visite à La Carne, mon alter ego énervé. Blog satirique, hygiénique et apériodique.
Pour les oreilles :
Concentrées dans la brièveté d'un souffle d'agonie, des années intenses d'un parcours exaltant s'affichent à la façon d'un montage hollywoodien. Jérémy voit tout, chaque instant, avec une précision que la poussée d'adrénaline rend presque douloureuse. Et chacun de ces flashes de vie prend un sens qui, même s'il le dépasse pour le moment, lui paraît accessible, à portée de main, et surtout, qui lui est totalement dédié. Il voit surtout l'accomplissement de ses projets, la récompense des efforts ardus qu'il n'a pas encore fournis.
Jérémy comprend le malaise qu'il ressent depuis son éveil du coma, son impression de vivre dans une réalité bégayante ; ses cauchemars éveillés, le médecin, l'araignée, Rebecca, le retour dans son appartement... Il avait déjà vécu tout cela dans l'instant précédant le choc de sa cuisse contre le capot de la voiture de Gabriel Montsauche. Une terreur froide le ramène peu à peu dans sa petite salle de bain. Son regard peine à se détacher de son reflet, mais Jérémy est désormais présent. Il sent l'humidité sur ses tempes ; son cœur danse une sorte de pogo technoïde extatique qui ne suffit pourtant plus à maintenir la transe. Ses sourcils clairs se raffermissent, se froncent légèrement pour lui donner un air résolu et farouche, celui des certitudes. On veille sur lui ; il a un destin. Il est attendu. Il a sa place au monde. Même l'amour de sa mère n'aurait pas pu lui procurer un tel sentiment de sécurité.
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