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Où Suis-Je ? Où Vais-Je ?

  • CorineTitgoutte
  • J'arrive pas à choisir entre éducateur, musicien, écrivain ou dessinateur. Du coup, je vous laisse choisir ici !
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15 février 2007 4 15 /02 /février /2007 08:16
CHAPITRE CINQUIEME

   

Or donc, sa limousine s'avança sur le parvis de la fac, et, ô surprise, celle-ci arborait les magnifiques couleurs de celle de notre rêve ! Un nain tout de rouge vêtu (parce que si le pantalon avait été blanc, on l'aurait confondu avec une borne kilométrique) nous ouvrit la quinzième porte de la voiture, qui donnait sur le salon-bar-piscine. Nous nous installâmes donc confortablement dans les banquettes tendues de soie pourpre. Si le Marquis n'avait pas eu son intellect occupé par l'étude du décolleté d'Euphoria, de se voir ainsi tout entouré de luxe, il se serait exclamé : "Putain ! C'est mieux que sur le catalogue de Monsieur Meuble !" 
Nous ne sentîmes que le léger frémissement du vent ruisselant sur les chromes de la carrosserie lorsque la calèche démarra. On aurait aimé que les chansons de Nolwenn Leroi fussent aussi bruyantes que ce moteur monacal. Nous glissâmes sur l'asphalte poli (car quand on est pas joli, on est poli) et suintant au soleil de ce beau printemps. Nous prenons la première à droite, la troisième à gauche et... enfin bref, vous connaissez Dijon mieux que moi, quand tout à coup Le Marquis sortit de sa torpeur et s'écria : "Chaud-Ouing Goume ! Chaud-Ouing Goume !"

Affolés, voire paniqués (depuis un bout de moment déjà, tout de même) Euphoria et moi tournâmes nos regards dans sa direction. Il s'agitait dans tous les sens, montrant sa bouche grande ouverte d'un index accusateur, exhalant des bouffées fétides et pestilentielles. Relativement habitué au langage primitif (mais démonstratif, ô combien !) du Marquis, je compris après un court instant de réflexion que celui-ci avait envie de chewing-gum. En fait d'envie, nous comprîmes vite qu'il s'agissait bien plus d'un besoin vital et urgent.
Pour nous.

Soudain, nous vîmes sur le bas-côté de la route, la silhouette d'un auto-stoppeur, ouvertement armé d'une rapière menaçante, orné d'un ridicule chapeau à plumes et d'une cape dont même ma grand-mère n'aurait pas voulut. Mais par pure bonté d'âme, nous décidâmes, le Marquis et moi, quand même, de le prendre à bord. Nous hurlâmes au chauffeur de s'arrêter, puis, comme celui-ci s'était exécuté (paix à son âme), nous descendîmes la fenêtre du côté du piéton ; alors qu'on s'apprêtait à lui demander où il voulait qu'on le déposât, nous nous aperçûmes qu'en fait le brave homme nous indiquait seulement la route à suivre pour atteindre la prochaine grande surface, en l'occurrence un Intermarché. Mais nous devions nous méfier tout de même... L'homme semblait étrange, ne bougeait pas ni ne parlait, et avait simplement sur lui ce ridicule manteau orange et un écriteau "Intermarché-2km" à la place de sa virilité... Il refusait dans un mutisme insultant de monter en voiture. Tant pis pour lui ; nous indiquâmes la route à suivre au chauffeur et roulâmes vers la salvatrice surface de distribution à grande échelle.

Notre chauffeur, tout récemment diplômé de la Grande-Ecole-des-Grands-Chauffeurs-des-Grandes-Voitures-sur-les-Grandes-Routes éprouva de telles difficultés à circuler dans ces toutes petites allées que nous dûmes sacrifier cinq enjoliveurs, deux ailes, trois pots d'échappement, trente-quatre rétroviseurs et comble du comble, la piscine toute pimpante fut percée lorsque nous roulâmes sur le parapluie d'une vieille (que l'on ne retrouva jamais d'ailleurs, ni le parapluie, ni la vieille).Il faut dire que la manœuvre n'était pas des plus aisées, autant demander à King Kong de mettre des bigoudis à Mimi Mathy.

Tel un joyeux bambin sur le parking de Disneyland, Le Marquis bondit de la voiture et se précipita dans un caddie. "Vas-y mon Duc pousse-moi !". A quelques pas de là, Euphoria nous regardait stupéfiée (pourtant elle ne se droguait pas).
Je ne sais pas pourquoi, mais je pilote toujours le caddie qui a une roue bloquée et qui tend à droite. Personnellement je pense pour moi-même qu'une feuille de salade n'a pas sa place sur une roue de chariot (N.B. : c'est moins pire que sur le fauteuil d'un myopathe, on serait obligé d'inviter Nicolas le Jardinier au Téléthon...déjà qu'on a Gérard Holtz comme nain de jardin !). 

C'est magique, les portes s'ouvrent toutes seules et se referment pareillement (et se rerouvrent et se rereferment et se rererouvrent et se rerereferment pareillement). Après avoir amusé Le Marquis une demi-heure avec cette satanée porte, nous entrons dans cette immense bibliothèque où les livres sont remplacés par du chocolat, des bonbons Haribo-c'est-bon-c'est-bo, et des chewing-gum-qui-collent-aux-dents...

On y rencontre plein de gens intéressants. Ici, toutes les classes sociales se côtoient au milieu des boîtes de cassoulet toulousain, des pots de beurre à zéro pour cent de matière grasse, des fromages qui puent et des caissières qui suent. Qu'ils soient patrons, ménagères, étudiants ou ouvriers, ils en sont tous de gros cons qui se rassemblent le samedi après-midi pour remplir de vivres leurs frigos et leurs placards. Juste assez pour une semaine ; comme cela le ballet des caddies peut recommencer toutes les semaines à l'infini. On n'aime pas y venir alors on fait la course dans les allées pour ne pas perdre de temps. On ne choisit pas ce qu'on prend, on suit cette meute sauvage d'obèses affamés et comme tous les autres, on mange des plats déjà faits. Et on se retrouve tous ensemble et en même temps dans la file d'attente d'une caisse qui, quoiqu'il arrive, sera toujours plus lente que celles juxtaposées. Et quand on a payé, c'est pas encore fini. Il faut tout (trans)porter dans le coffre de la voiture et c'est pas le plus facile avec ces putains de sac à trois centimes qui craquent toujours et permettent à ces si bons yaourts de se répandre sur ce bitume dégueulasse.

Pour quitter ce lieu maudit plus rapidement, Le Marquis vola son paquet de Stimorole-les-dents-qui-collent. Euphoria nous attendait, paisiblement installée à écouter du Rondo Veneziano au rayon charcuterie. Enfin, épuisés par cette folie collective, nous quittons ce grand magasin, jurant (mais un pétard) que nous ne deviendrions jamais comme ces autres.

L'haleine du Marquis rafraîchie, nous pûmes repartir dans notre carrosse sur cette (trop) longue route qui devait nous mener à l'humble demeure de notre compagne de fortune.

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commentaires

leduc 15/02/2007 20:58

Le plus souvent, je cause en vers ; Cela surprend, en généralDonc je m'abstiens et ne m'étaleQu'autour de quelques verres

cubik 15/02/2007 13:57

eh oh, c'est super cool de faire les courses! En tout cas, tu causes pas beaucoup hein