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Où Suis-Je ? Où Vais-Je ?

  • CorineTitgoutte
  • J'arrive pas à choisir entre éducateur, musicien, écrivain ou dessinateur. Du coup, je vous laisse choisir ici !
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13 février 2007 2 13 /02 /février /2007 22:45
CHAPITRE DEUXIEME


Enfin, nous parvînmes à l'Acropole, haut lieu de la vie estudiante, et théâtre de plus d'un exploit téméraire où nous avions repoussé la plupart des limites de la luxure, du jeu, de l'alcoolisme, et de la beauferie (barbarisme néologique ou néologisme barbare, à vous de voir).
Confortablement assis comme à l'accoutumée dans la banquette du fond, et après avoir commandé une coupe de champagne pour elle, un café (petit) pour le Marquis, et un demi (grand) pour moi à l'auguste Serge, témoin impuissant et débonnaire de nos agapes incessantes, la conversation  s'engagea :
"Je dois vous dire que mon nom n'est pas "Excitante" (elle l'aurait pourtant bien porté !), mais Euphoria, et j'aimerai en savoir plus sur vous...
- Alors voilà (le Marquis avait pris la parole), je suis né par un beau matin d'hiver, alors que le soleil laissait transparaître un ou deux rayons se reflétant sur les nuages qui ainsi prenaient un ton de couleur mordorée, auspice propice à la mélancolie romantique. C'était près d'un lac, il était nuit et mille étoiles scintillantes faisaient de l'eau le feu le plus pur qui existât... laissez-moi me rappeler...".
Elle interrompit le Marquis qui entamait la description aimante de ses parents ("mon père se branlait en voyant ma mère sucer le chien des voisins...") :
"Passons vos dix-huit premières années, et parlez-moi de vous, maintenant.
- Ben, je suis en Fac de Lettres, je crois... Oui, ça me revient. J'étais donc à la Fac de Lettres (il vérifia quand même sur sa carte d'étudiant) quand tout un coup un trou (excusez du terme) s'empara de ma mémoire... Ce trou, c'était vous. Ne me demandez pas qui j'étais ni qui je suis ; je n'existe que par et pour vous. Vous êtes mon essence, super et vraiment pas ordinaire.
- Vous êtes absolument fascinant...".
Pendant cette conversation, mon attention s'était un peu relâchée, et à ma grande  surprise, je remarquai que l'Acropole, d'abord vide, s'était remplie de toute la faune masculine (ou presque) de l'Université, quelques temps après notre entrée avec la merveilleuse créature.
"Ne vous retournez pas, dis-je... je crois que nous avons été suivis, mon Marquis. Tu devrais veiller à ne rien dire de confidentiel..."
Cette impression était renforcée par le fait que tous les regards s'étaient portés sur nous, et principalement sur elle. Je pensai :
"Que se passe-t-il ? A-t-elle un bouton sur le nez ? Il se passe quelque chose d'étrange ici...".
D'un pas faussement nonchalant et d’un air détaché (car je laissai un oeil sur Euphoria), je m'avançai à travers la foule qui s'était maintenant massée autour de la table où j'avais laissé mes compagnons. Arrivé au pied du Juke-Box, j'apprêtai ma main à plonger dans la poche où j'avais quelque argent, afin de soutirer à la machine les notes qui feraient vibrer la Femme... mon choix s'était porté sur la pièce maîtresse du répertoire de musiciens scandinaves, une composition digne et de bon goût qui allait j'en suis sûr susciter chez Euphoria la suave mélancolie des amours naissantes. "Still Lovin' You", de Scorpion, se fit entendre sur une pression de mon doigt sur la touche idoine.
J'avais fait le tout tout en surveillant les événements de la salle et en me rendant compte d'une puissante envie d'uriner qui montait (où plutôt descendait) en moi, prouvant ainsi mon extrême polyvalence, presque digne du gars Napoléon qui pouvait tout en même temps se tripoter le nichon qui tombe et confondre Grouchy avec Blücher. J'allai donc, très vite, autant que mes mouvements étriqués pouvaient me le permettre. J'arrivai tout de même, mais non sans mal, dans les toilettes du bar.
Et ça puait ! Juré ! Ils devaient certainement mettre un corps en décomposition dans leur bière pour que l'odeur de son état final soit aussi répugnante que celle d'une usine en fin d'après-midi. Pour la bière, pas de problème, je sais d'expérience que cela arrange le goût, mais cela ne va certainement pas sans choquer l'odorat délicat des consommateurs moyens. Avec un intense bonheur tout de même, je me soulageai dans ces chiottes malodorantes et sordides, me disant mais un peu tard que les discrets mais fermes renvois salade-tomates-oignons se mariaient terriblement mal avec l'inspiration ammoniaquée d'urées résiduelles.

Revenant à ma place, je trouvai Le Marquis et Euphoria, causant toujours, plus à leur aise, pendant que Serge nettoyait notre table. Quand je dis "causer", il ne s'agit pas à proprement parler de conversation, mais plutôt d'échange comme on pourrait en voir dans un laboratoire, entre un singe et un savant cherchant à le faire parler. Je vous laisse libres de déterminer qui dans cette comparaison est le savant, et qui est le singe. Pour vous aider face à cette énigme, je peut vous dire que les sons s'échappant des lèvres de mon com-père/plice n'étaient que des baragouinements, des petits cris, et il tentait de se faire comprendre par petits bonds sur la banquette, frappant dans ses mains et se grattant la tête.
Je repris en main la cohérence de la discussion passionnée qui se déroulait sous mes yeux ébahis (oui, en littérature, même charcutière, les yeux sont toujours ébahis à un moment ou à un autre) :
"Mais vous, que faites-vous de votre si désirable vie ?
- Je suis princesse dans un conte de fée !
- Oh ! Comme ce doit être un joli métier... Il semble fait pour vous.
- Mais c'était une plaisanterie ! En fait, c'est un métier secret...
- Ah ! Comme le mystère vous va bien ! Vous êtes espionne ?
- Oh ! Tricheur ! Comment avez-vous deviné ? Et bien oui, je suis une agente secrète...".
Et elle sécrétait beaucoup, comme vous aurez la chance de le constater au fil de ces pages.

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commentaires

leduc 14/02/2007 21:45

T'imaginais bien que j'allais pas pouvoir me retenir très longtemps :)

cubik 14/02/2007 21:42

ah quand même, quelques fluides >)