Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Où Suis-Je ? Où Vais-Je ?

  • CorineTitgoutte
  • J'arrive pas à choisir entre éducateur, musicien, écrivain ou dessinateur. Du coup, je vous laisse choisir ici !
  • J'arrive pas à choisir entre éducateur, musicien, écrivain ou dessinateur. Du coup, je vous laisse choisir ici !

A voir aussi

Rendez donc visite à La Carne, mon alter ego énervé. Blog satirique, hygiénique et apériodique.

 

Pour les oreilles :


  • Doude Baolescu : morceaux piochés dans l'ensemble de mon parcours musical.
13 février 2007 2 13 /02 /février /2007 08:21

Je ne résiste pas à l'envie de vous présenter, sous forme de feuilleton, un roman commencé il y a très longtemps (en compagnie de mon bien aimé Marquis), continué il y a juste longtemps, et que je vais reprendre maintenant. Je vous le distillerai chapitre par chapitre.
Ca s'appelle Dies Irae : le Colyre des Yeux
Attention, sa lecture nécessite un petit avertissement, donc :

Avertissement


Certes il existe des phares, en littérature comme ailleurs, mais est-ce véritablement une raison pour oublier la femme du gardien dudit, qui va se faire trombiner par le premier pêcheur de morue revenu de Terre-Neuve pendant que son mari insomniaque s’astique l’ampoule pour montrer la voie aux navires en perdition, hein ?
 
Cet ouvrage n’est pas un phare, ni même le gardien de phare ; c’est un peu la femme du phariste (c’est comme ça qu’on dit ?), atteignant l’orgasme convulsif dans les bras de son matelot qui fait aussi bander Jean-Paul Gaultier que la moindre rayure habille.

Loin d’éclairer, il inaugure et liquide tout à la fois un genre, un courant artistique qu’on pourrait qualifier de Littérature de Charcuterie sans toutefois espérer l’entrer au Panthéon des arts, sauf peut-être quand la télévision aura bouffé les derniers reliquats de neurones d’une humanité au nombril cradingue mais toute tournée vers icelui et que les savants rédacteurs de manuels de lettres se seront tous changés qui en BHL, qui en Michel Field, qui en Christine Angot, ces audacieux penseurs des XX et XXIème siècles préfigurant la gnose désolante d’un après-demain approximatif.

Littérature charcutière, donc, mais en ces temps d'esthétisme filiforme et de prophylaxie criminelle, j'envisage de mettre en vente pour les réfractaires aux digressions oiseuses, les allergiques aux parenthèses inutiles et autres maniaques dangereux une version light au rayon biscottes allégées. J'y laisserai cependant les approximations syntaxiques qui lui tiennent lieu de style, car il faut laisser même aux produits allégés un goût prononcé, même si c'est celui du carton déjà mâché.

Reprenez votre respiration, ce qui suit comporte aussi des phrases qui vous feront ressembler à la morue susdite hors de son bocal atlantique à la moindre velléité de lecture orale.


Zou.


CHAPITRE PREMIER



Cette histoire se passe avant l'interdiction des fumeurs.
Le Marquis et moi en grillions une dans les couloirs de la fac de lettres de Dijon pour faire passer le goût d'un kebab digeste comme une compil' de Sardou. Etudiants promis à un brillant avenir universitaire (nous nous étions promis d'y rester le plus longtemps possible, en première année si possible, merci), auto-anoblis par respect et considération mutuels, nous devisions des grands projets de notre vie. Passer en deuxième année, et peut-être avoir le D.E.U.G. avant la retraite ; coincer la fille du doyen dans un placard à I.A.T.O.S.S. pour lui refiler nos M.S.T. ; hurler "C.R.S.= S.S." lors de ces innombrables et pittoresques manifestations étudiantes qui jalonnent le parcours universitaire comme autant de D.S. Bref, tout ce qui fait le sel de la formation initiale.

Elle nous surprit dans nos rêveries insensées. Elle était blonde comme les poils que j'avais rêvé d'avoir, grande, les yeux verts soulignés de noir, tels des flots marins déchaînés (pas en Bretagne, sinon elle aurait eu les yeux noirs soulignés d'un tout petit peu de vert, ce qui est totalement une question de prestige), des flots tels un gouffre sans fin où même le commandant Cousteau n'aurait pas retrouvé ses baleines. Et cette démarche à faire bander un piano (pour peu qu'il fût à queue), qui redresserait celle d'un poivrot de naissance (pour peu qu'ils fussent coordonnés). Son  nez était délicatement fin et légèrement retroussé (comme sa jupe d'ici peu si personne ne nous retenait). Elle avait un visage régulier, souriant et gai, avec pourtant cette touche de mystère féminin qui différencie tant le charme de la beauté. Et la nature, si parcimonieuse avec la plupart, s'était lâchée avec elle.
Sa silhouette était sans pudeur et sans vulgarité. Des seins... ah ! des seins à damner tous ceux du Paradis galvaudé : fermes et d'un maintient si naturel qu'elle ne se sentait pas le besoin d'un artifice de dentelle pour les soutenir, nul besoin non plus d'un tel expédient pour aviver leur éclat. Ses jambes si fines et merveilleusement belles, faisant dans leur bas de soie l'effet d'un mystère si énigmatique par leur perfection, la portaient dans notre direction.
A mesure qu'elle approchait, une sensation étrange et diffuse s'affirmait à nous, un peu comme si nous étions sur un bateau qui tangue et qui grandit jusqu'au moment où par rapport à lui nous ne serions que deux mouches, indignes même des rats qui s'y ébattaient. Et cette femme, telle la capitaine de ce délicieux navire, menait de main de maître le gouvernail manœuvrant son déhanchement, calculé au plus près, comme si, mathématicienne, elle avait su représenter concrètement l'infini dans sa totale splendeur. L'albâtre de sa peau laissait présager le bain de lait que serait la découverte de son intérieur qu'on pensait aménager du meuble qui nous rend moins plat.
Il y a un proverbe disant "De deux maux, il faut choisir le moindre" : nous avions fait notre choix entre laisser faire cette érection qui nous détruisait les boutons du jean's ou se jeter du troisième étage, la tête en avant. La première solution présentait l'avantage de son inconvénient, c'est-à-dire de laisser paraître notre émoi aux témoins, et le poids de notre amour à la déesse. Ah ! comme le papier rend bien ce cri muet qui tenaillait notre corps, venu d'une transmission analogique des couilles aux amygdales.
Boudiou ! Ce qu'elle est bonne !

Enfin, d'un air amusé, elle nous remarqua et s'approcha de nous. Et lorsqu'elle nous parla, de sa langue si délicatement faite pour les mots et pour l'émoi, sous nombre de signe de croix, nous nous convertîmes à l'adoration de son culte. Nous buvions les mots coulant de sa bouche, comme si c'eût été du Saint Graal, et nous mîmes un certain temps à vraiment entendre ces paroles :
"Je suis... excitante ?"
La réponse automatique sortit des lèvres du valeureux Marquis :
"Enchanté, je suis le Marquis, et voici le Duc."
Le cerveau du Marquis, branché uniquement sur ses yeux (et sur le 220 alternatif) ne se souciait pas de maîtriser sa bouche, et c'était la porte ouverte à tous les débordements de son inconscient inconscient.
Alors le rire de la belle retentit, cascade chantante d'eau limpide et sauvage à la fois. C'était le coup de grâce à tous nos sens, dont le sens commun et le sens du devoir.
"Veux-tu... voulez-vous... go to ze café por que nous faire un little connaissance ? Pericoloso e sporgersi ? Achtung Minen ? Peace and Love ? My taylor is rich ? Time is money ? Gottverdammt ? Buenas noches, señorita ?...", dit le Marquis (vous remarquerez qu'il en a perdu son latin).
D'un signe de son doigt fin et délicat, elle nous invita à la suivre, et nous nous exécutâmes tels deux chiots dont les dents n'auraient pas encore poussé. Une laisse invisible nous reliait à sa main.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

leduc 13/02/2007 10:07

Oui, dans ce roman, on a remplacé le suspense par les sécrétions ; mais comme dans tout bon polar, il faut que ce soit distillé petit à petit, sinon ça fout tout en l'air. Et puis baver du kebab, c'est vraiment dégueu...

cubik 13/02/2007 09:37

même pas vous bavez, quelle force