Il a l'impression d'assister à sa propre toilette mortuaire. Une aide-soignante le lave, le rase, l'habille tant bien que mal. Il est assis devant le miroir de la minuscule salle de bain, immobile, le regard fixe. Il a bel et bien l'impression d'observer un mort.
Il a maigri, ses joues se sont creusées,son teint s'est plombé. Voilà quelques nuits qu'il n'a pas dormi, les yeux braqués sur le lit vide. Et voilà qu'aujourd'hui, il sort.
Il avait bâti un univers dans cette chambre, et de nouveau on lui retire. Aujourd'hui, il semble s'en moquer complètement, mais le regard vide qu'il se renvoie dans le miroir couve une fièvre glacée nourrie à sa mémoire bancale. Sa routine bégayante contenue dans neuf mètres carrés de vapeur d'éther avaient donné à ses fantasmes un monde entier aux horizons flous comme terrain de jeu. Sortir. Il se sent mis sur le banc de touche de sa propre réalité et il a sérieusement envie de crever l'arbitre.
Tiiiiiiiiin! Le dernier paragraphe, caresse-nous avec ta plume prouesse!
Je te kifamor suffira pour ce soir, tu sais du reste, ce que j'en pense :p
Tu vois pas, mais j'ai les yeux en étoile là...