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Où Suis-Je ? Où Vais-Je ?

  • CorineTitgoutte
  • J'arrive pas à choisir entre éducateur, musicien, écrivain ou dessinateur. Du coup, je vous laisse choisir ici !
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Rendez donc visite à La Carne, mon alter ego énervé. Blog satirique, hygiénique et apériodique.

 

Pour les oreilles :


  • Doude Baolescu : morceaux piochés dans l'ensemble de mon parcours musical.
22 mai 2001 2 22 /05 /mai /2001 13:04

L’horreur du vide



1


C’était pas chez Lipp. Chez Lipp, les portiers ont une autre allure. Celui-là portait sa quarantaine à bout de bras, et on voyait bien qu’il peinait. D’ailleurs, il ne touchait même pas à la porte, elle l’aurait mordu ; et s’il saignait, tout pouvait arriver, le pire en premier.

Qui c’était, ce vieux, on s’en fout. Un parmi d’autres, un parmi des milliers et des milliers d’autres immobiles perdus à la porte d’un bistrot, guettant la moindre goutte qui eût pu s’en échapper ; lui, il n’a pas d’âme propre, c’est une image, un stéréotype pas même gâché par le défaut d’élocution qui lui demandait bien des efforts supplémentaires pour mener sa tâche à bien.

C’était le clochard du Paris-Londres.

Une figure.

Une enseigne.

A... à... vot’ bon c... c... c... cœur, mess...ss..ieurs-dames.


Elle était belle et avachie, les traits tombant de lassitude. A chaque instant, on eût cru que son visage allait se coucher après une sale journée. Elle avait depuis des lustres laissé ses appâts là où ils n’éveilleraient que le vague intérêt d’un brocanteur, et surtout pas les velléités lubriques de demis ivrognes trop lâches pour l’être entièrement, trop fiers pour ne plus l’être du tout.

Belle et sans âme, la laideur personnifiée.


Vous voulez une histoire d’amour ?


Ça fait des années qu’elle sort par la porte du bistrot et qu’elle ne sort pas du bistrot. Elle a foiré sa vie lamentablement et elle en est contente. Elle vit de ces gens qui l’entourent. Sa vie s’est faite d’un incessant bourdonnement qui ne la quitte pas même lorsqu’elle rêve. Elle a peur du silence. Elle a peur des mots. Peut-être parce que le silence et les mots la ramènent à son inexistence. Lui la salue en gueulant son vin, il bourdonne. Elle est heureuse. Elle ne le regarde même pas, avec application, comme on s’applique à ne pas regarder son papier-peint. La bi-dimensionnalité lui convient à merveille ; la télévision lui convient à merveille. Ses seins même s’en accommodent et font tout pour plonger vers des abîmes où n’évoluent que des soles et des limandes. Et chef-d’œuvre de platitude, elle les redresse de dentelles pour ne plaire à personne.

Il est merveilleusement barbu, rougeaud et puant ; il est comme il doit être. Il est comme il a toujours été. Il est beau, il est normal.


Il n’est plus là.


En entendant ses pas résonner, se fondre en écho dans les poubelles et revenir seuls, la queue basse, bourdonner à ses oreilles, elle meurt. La nature a bien moins horreur du vide que Marie. On est quand ? se dit-elle. On est avant ? Je suis petite fille ? Elle est sans elle, ce soir ; elle n’existe plus ici et maintenant. Elle est renvoyée aux limbes de ces temps où elle avait encore le choix. Si le monde ne se remet pas tout de suite à bourdonner, elle sera foetus.

Alors elle le fait bourdonner et lance à l’absence un timide :

“ Bonsoir, monsieur Pierre ! ”

- B... bien le b... bonsoir, b... belle pa... a... armi les belles ! V... vot’ journée s... s... s’est bien p... p... passée ? ”

- Très bonne journée, monsieur Pierre, merci !

- Z... z... z’avez p... p... pas une p... p... p’tite pièce ? ”

Elle suit funambule le fil de sa vie jusqu’à son appartement.



2


“ Tu as vu demain à la tienne Delon gris télévision Marie pour non rien rampo deux autres bonjour et toi bonjour il fait froid l’acteur ça va tu connais impressionnant j’aime bien polar tiens au fait tu connais...

... l’histoire des frites belges ?1

- Des quoi ?

- Des frites belges !

- N’importe quoi... tu dis n’importe quoi...

- Je t’assure que non, c’est vachement intéressant !

- Vas-y, sors-la, ta blague...

- C’est même pas une blague ! Ecoute, tu sais qu’au départ, y’a des Belges qui habitaient près d’un lac, très au nord, et pêchaient dedans. Dans le lac.

- Et alors ? Quel rapport avec les frites ?

- Attends ! Vu qu’ils étaient tout au nord, des fois, il gelait, le lac. Et ils pouvaient plus pêcher dedans, forcément !

Et ça fait des grands “ schloup ”

Et ça fait des grands “ schloup ”2

- Alors comme ils avaient plus de poisson, ils taillaient des patates en forme de poisson et ils les faisaient frire comme du poisson.

- Et les moules ?

- Mais t’es con, ça n’a rien à voir ! Bon, et donc, alors, comme c’est chiant de tailler les patates en forme de poisson, ils ont simplifié et ils ont taillé les patates en forme de frite.

- Oui, mais les moules ?

- T’es désolant, tu sais ? C’est vachement intéressant ! Tu te rends compte que maintenant, tu sais d’où viennent les frites ? Moi, j’ai entendu ça, j’étais sur le cul ! ”



3


Elle n’a pas quitté son uniforme inconcupiscible, son imper gris vert et sa jupe à carreaux. Oui, elle a vu le Delon hier soir. Oui, il fait gris et froid ce matin. Bonjour, comment allez-vous ? Non, je ne connais pas l’histoire des frites belges, qu’est-ce que c’est ? Un Fernet Branca, s’il te plaît, Hervé. Autant de faux appâts jetés ça et là sur ses non-formes.

Un client s’engouffre après elle, invitant avec lui une écharpe de brume qui s’effiloche, soufflée par le bruit du Paris-Londres.

“ M... m... merci m’sieur, l... la paix s... soit sur vous ! ”

La phrase beuglée meurt quand la porte se referme, comme toute vie a quitté cette brume qui n’existe plus, qui n’a jamais existé, qui existera toujours.

Il est chaud, le café ; il est fait d’un monde qui jamais ne suffira à le remplir tout à fait, qui pourtant sature son espace d’imprésences définitives. Il est clos mais il absorbe, comme une éponge, comme ces corps qui s’y enivrent consciencieusement.

Est-ce qu’elle entend seulement ce à quoi elle répond sans s’entendre par des phrases machinales, par des sons chevalins qu’elle pousse en croyant rire ?


L’après-midi suinte sa lumière jaune qui tente en vain de s’évader par la baie plus ou moins vitrée du café qui se souvient encore de s’être chauffé avec un poêle à bois. A cette heure, les esprits flottent comme le nuage âcre de fumée cancérigène au dessus des tables, au dessus des têtes. L’odeur de mort et de feuilles de maïs ne trouble pas cette espèce d’animation immobile où les bras bougent, où les bouches parlent, où les verres tintent, statiquement.

Même son corps l’oublie. Il ne prend même plus la peine de lui faire mal. Ses nerfs poussifs transitent à grand peine une douleur arthritique qui n’est déjà plus qu’un murmure quand, par hasard, elle force l’entrebâillement de ses sens.

Même son corps l’oublie. Il va entre les tables, enraillé par les années, marchant dans les mêmes pas, répétant les mêmes gestes, suivant la même envie d’uriner après ses mêmes consommations, se cognant la hanche contre le même coin de table qu’elle insulte comme elle lui dirait bonjour.

Elle rentre chez elle. La nuit est une parenthèse dans un jour interminable, mais le jour est presque un accident dans sa longue nuit.

“ Bonsoir, monsieur Pierre ! 

- Q... que la n... nuit soit d... douce, ma j... jolie ! Une p... p’tite pièce p... pour un p... pauvre homme ? ”


4


Marie passe ses journées au bistrot. Elle y dépense sa pension de veuve de guerre ; Bob lui fait un prix. Elle avait de la chance, c’était une des rares veuves qu’on avait pensionnées pour la guerre d’Algérie. Maxime était parti dans un bel uniforme vert, le cheveux ras et l’œil brillant. Il était revenu dans un uniforme de sapin. Elle ne savait même pas s’il était dans le cercueil qu’un curé chevrotant avait béni dans l’église de Clichy ; on ne lui avait pas permis de voir le corps. Elle n’y tenait pas trop, d’ailleurs. Malgré sa stricte observance des rites, elle ne voyait plus qu’une chose morte quand elle pensait à Maxime. Par habitude, elle en garda rancune aux fellouzes et, par extension, aux Arabes en général. Elle ne disait pas bonjour à l’épicier de son quartier.

Mais elle n’avait jamais imaginé une seconde le fracas de la mort qu’on donne et qu’on reçoit, le crachat régulier des armes automatiques et les cris de souffrance des torturés, les attaques au couteau et à la grenade, comme celle que Maxime avait vu atterrir à ses pieds sans émotion, plongé dans le brouillard du kif qu’on mâchait inlassablement pour ne plus entendre, ne plus voir, ne plus penser. Autour de Maxime, le monde s’était refermé bien avant que la grenade fît tomber définitivement le rideau sur la scène finale d’une comédie macabre.

Elle ne s’était jamais posé la question de savoir s’il lui manquait. Elle s’est acheté son poste de télévision avec son premier chèque de pension.


5


“ Ben tu vois, si j’étais Dieu... j’croirais pas en moi...

Mais si j’étais moi... j’me méfierais... ”3


6


Elle sortit du bistrot à la fermeture ; elle marchait plus lentement, peut-être.

“ B... bons... soir ma b... elle ! La n... nuit vous ap... porte la paix !

- Bonne nuit, monsieur Pierre.

- Une p... petite pièce p... p... pour un p... pauvre homme ? ”

Une bouffée de chaleur l’envahit, si soudainement qu’elle ne s’en rendit pas d’abord compte. Quelque part en elle, un interrupteur avait basculé d’une position à une autre – clic. Elle observa avec un intérêt certain sa main lâcher la pièce qu’elle venait de retirer de sa poche, son tintement sur le trottoir mouillé, devant la porte close du Paris-Londres.

“ M... merci bien, m... ma belle ! ”, dit le trottoir à cette vieille plantée là à regarder son cœur battre comme si c’était la première fois qu’une chose pareille arrivait.

Sur le chemin de son appartement, quelques larmes se mêlèrent à la pluie qui martelait ses pommettes ridées et suivait les sentiers sinueux de son visage marqué moins par l’âge que par l’habitude.

Elle suivait un tracé immuable, des sillons profonds comme des entailles qu’un sang vraisemblablement impur abreuvait. Confusément, son rêve prenait de la consistance comme on apprend à marcher, se superposant péniblement, à coups d’odeurs éthyliques et de bégayantes réminiscences, au chemin de sa vie, à cette simple succession de trottoirs identiques, d’escaliers raides et branlants, du bistrot à son lit, de son lit au bistrot. Elle gambadait maintenant au long d’une silhouette, flânant aux alentours d’une excroissance cartilagineuse et violacée, allant où ses pas irréels la conduisaient, au hasard d’un contour de visage, d’un mouvement de main aux ongles sales jusqu’à leur naissance... se perdant, se retrouvant sans autre but que d’allonger le chemin, de retarder le moment où sa journée s’effacerait pour laisser place au vide surpeuplé de néant.

Lorsqu’elle s’éveilla, elle se rendit compte sans comprendre qu’elle était encore toute ensommeillée, reposée différemment, entière.

7


“ Tu savais que les eskimos prêtent tout à leurs invités ? Même leur femme !

- J’crois que je vais m’installer là-bas alors !

- Héhé !

- Et j’inviterai plein de monde... Bon dieu, enfin un endroit où elle me foutra la paix ! ”


8


Elle poussa la porte du Paris-Londres, et les effluves déjà vieilles des respirations cancéreuses matinales agressèrent ses narines. L’air âcre dépucelait avec ostentation ses poumons ; elle était attentive au moindre froissement de ses bronches sous l’effet de l’oxygène souillé, chargé de particules nocives et vivantes. Elle jeta un regard circulaire sur la salle déjà à demi remplie du bar ; dans un coin, de jeunes gens discutaient, encore un peu comateux, des étudiants, certainement. Ils sirotaient doucement leur café, échangeant dans un souffle, maladroitement, des considérations sur la vie et des blagues inaccessibles. Elle sourit. Leurs yeux témoignaient d’un intense bonheur d’être là, et de l’immense tristesse de n’être pas tout à fait capables d’en convaincre le reste du monde.

Plus près du bar, quatre vieux décharnés tapaient le carton, une belote sans éclat ni passion, dans une intense concentration, les yeux fixés qui sur le tapis, qui sur son jeu méticuleusement disposé dans sa main osseuse et constellée de taches de son, qui, enfin, sur son ballon de blanc brut, de ces vins de cuisine dont tout l’intérêt se retrouve dans leur capacité à décaper les œsophages les plus englués.

Un cor hurlant détourna son attention ; elle songea qu’il lui fallait s’acheter des lames de rasoir, et peut-être même faire un saut jusqu’à la pharmacie du coin... Celle qui était tenue par le vieux Bartholomé. Quel âge il pouvait avoir, d’ailleurs ? La dernière fois, quand elle était allé lui acheter une boîte de Digédryl, il semblait ratatiné, usé comme si on l’avait frotté à la toile émeri pendant des années. C’était quand, d’ailleurs, cette fois-là ? Ca remonte à...

Hervé astiquait nonchalamment ses verres, surveillant d’un œil suspicieux la salle et la porte du Paris-Londres. Elle ne voyait Bob nulle part, et la petite... comment s’appelait-elle ? ne prenait son service qu’à onze heures.

Elle s’attarda sur les circonvolutions du zinc ouvragé, surmonté de sa tablette de marbre blanc aux veines varicées.

Un geste souleva sa main, sans qu’elle s’en rendit d’abord compte ; Hervé avait compris, et lui apporta son Fernet-Branca ; elle le regarda sans comprendre, les yeux fixés au-delà du regard interrogatif du serveur, les sourcils en accent circonflexe.

“ Merci, Hervé. ”

Il fronça les sourcils, puis se détourna peut-être trop lestement.

Elle mit bien vingt minutes avant d’attaquer sa pharmacopée éthylisée ; son regard ne pouvait s’en détacher, ses mains ne voulaient plus bouger. C’était comme si une main invisible fouillait la bouillie dans son crâne et tentait de récupérer les quelques neurones, les quelques synapses qui avaient échappé au désastre d’une vie sans âme ; comme si cette main essayait des raccords, cherchait des connexions avec le reste de son corps. L’adrénaline faisait battre ses tempes d’où suintait une sueur rance, à peine humide.

Lorsqu’elle eut fini de boire sa mixture d’herbes inidentifiables, ce qu’elle ne fit qu’avec un effort grimaçant, la porte du bistrot laissa découvrir en s’ouvrant le corps volontaire de la petite serveuse ; mais quel était son nom, bon sang ? L’air grave, le manque de coquetterie manifeste qu’elle affichait, toucha Marie profondément, et elle passa le reste de la matinée, sans oser demander, à tenter de se remémorer son prénom. Elle se regardait tellement penser qu’elle n’entendait même pas les autres clients gueuler “ Louise ! un p’tit blanc ! ”, sous des couches épaisses de consommations alcoolisées. Le bourdonnement de ces voix lointaines la gênait pour penser. Elle s’isola jusqu’au soir, ne sortant de ses pensées que pour commander un jambon-beurre duquel elle se délecta comme si c’était Loiseau lui-même qui l’avait préparé ; puis, un sourire mystérieux aux lèvres, elle se leva de sa table et sortit.

“ A demain, Louise ”. La serveuse soufflée, sur le pas de la porte, loucha sur la petite vieille devant elle, comme elle sortait tranquillement.

Marie franchit le seuil, s’arrêta une seconde sur le pas de la porte, puis remonta de quelques pas le trottoir mouillé.

“ Bonsoir monsieur Pierre. 

- A... à vot’... b... b... bon cœur ! ”

Elle s’assit sur le rebord du trottoir, et leva les yeux au ciel.

“ C’est une belle soirée, non ? Enfin, pas vraiment ; moi, je la trouve belle, en tout cas.

- ... ”

Elle regarda à son côté, remplie de tendresse pour ce trottoir qui parlait à son cœur. Elle sourit. Ce qui fouillait tout à l’heure son cerveau s’attaquait maintenant à ses ovaires, ce qu’il en restait, inaptes à leur fonction première. Elle s’en foutait.

“ Ca fait maintenant un moment qu’on se connaît, monsieur Pierre, non ?

- P... p... pour sûr, ma b... b... belle !

- Vous voulez venir prendre un verre chez moi ? ”

Elle se pencha en avant, comme pour aider quelqu’un à se relever, faisant jouer maladroitement ses bras autour d’un torse de diamant, transparent, pesant et précieux.


9


Quand le sommeil vint, alors qu’elle était un peu grisée par le vin, elle se surprit à jouir de toute son âme ; assommée de plaisir, elle sombra à corps perdu dans le néant bienfaisant, surfant sur la vague délicate et sauvage qui portait son être à toute vitesse vers la rive d’un coma peuplé de rêves confus et bouillonnants.


10


C’est l’odeur qui avait alerté les flics.

Devant le Paris-Londres, lorsque Marie y arriva, une nuée de gens en uniforme, pompiers, agents, lui bloquaient le passage ; elle dût se frayer un chemin jusqu’à la porte ouverte qui vomissait ses curieux. Leur mine soucieuse lui était indifférente. Elle ne prêta pas plus d’attention à la civière couverte totalement d’un drap, acheminée de la ruelle par deux pompiers qui tentaient sans réussir de masquer le dégoût qui tordait leur cou et leurs narines.

Des condés étaient au bar et parlaient avec Bob et Hervé. Elle attendit patiemment que l’un des deux se libère ; elle voulait un café, aujourd’hui, et elle voulait que cela se sache.

Enfin, les policiers partirent, emmenant une cohorte de véhicules utilitaires à leur suite. Sans sirène ; sans gyrophage. En deuil.

Marie vivait.


11


“ Si y’a un dieu pour les ivrognes...

Y’a forcément des bistrots au paradis. ”

Leduc, 2001


1 Histoire authentique qui me fut contée par mon ami Eric un soir de joyeuse beuverie.

2 Jacques Brel, Ces gens-là.

3 Hubert-Félix Thiéfaine, Psychanalyse du Singe, in “ De l’amour, de l’art ou du cochon ”, Stern, 1972

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Published by Doude Baolescu - dans Mèches courtes
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