Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Où Suis-Je ? Où Vais-Je ?

  • CorineTitgoutte
  • J'arrive pas à choisir entre éducateur, musicien, écrivain ou dessinateur. Du coup, je vous laisse choisir ici !
  • J'arrive pas à choisir entre éducateur, musicien, écrivain ou dessinateur. Du coup, je vous laisse choisir ici !

A voir aussi

Rendez donc visite à La Carne, mon alter ego énervé. Blog satirique, hygiénique et apériodique.

 

Pour les oreilles :


  • Doude Baolescu : morceaux piochés dans l'ensemble de mon parcours musical.
15 mai 2008 4 15 /05 /mai /2008 09:28

Il était là, depuis plusieurs heures déjà, et nous n'avions rien vu.

Oh, bien sûr, nous avions entendu son tapage, mais il y en a tellement, par chez nous ! Voyez, nous logeons dans un modeste trois-pièces de banlieue ; ancien, moulures en plâtre, parquet plein d'échardes malintentionnées. Surtout, cet appartement possède deux cheminées décoratives bien que fonctionnelles, l'une dans notre chambre, l'autre dans le salon.


De ces conduits s'échappent bien souvent les roucoulades intempestives des pigeons posés sur le faîte de l'immeuble. L'âtre de chaque cheminée est bouché par un volet métallique, ce qui diminue le volume sonore, mais le conduit a une acoustique particulière qui l'amplifie. C'est la raison pour laquelle le bruit caractéristique en provenance de la cheminée de la chambre ne nous a pas alerté tout de suite. C'est le chat qui nous mit la puce à l'oreille. Lorsqu'il pénétra dans la chambre où je bullais en caleçon, il se dirigea droit vers le foyer, se planta devant le rideau métallique et commença à feuler comme un tigre mangeur d'homme devant un touriste américain.

Un con de pigeon était tombé du toit dans le conduit de la cheminée et s'était retrouvé dans l'âtre, chez nous, passager clandestin de notre vaisseau de pierres.

Comment expulser ce colocataire indélicat ?


Dans cette situation, on peut tout imaginer, notamment le pire, et je suis très bon à ce jeu-là. Je voyais déjà l'appartement rempli de plumes bouffies de parasites, un pigeon, mort des suites de sa rencontre avec le chat, qu'il faudra évacuer, ma compagne se vidant de son sang sous l'effet des griffes du greffier qu'elle aura voulu saisir, et moi gisant sans connaissance, devenu borgne après la rencontre de mon oeil avec le bec, la patte ou l'aile du ramier pris de panique à la sortie de sa cache incongrue. On rejouait « Les Oiseaux » dans ma carrée ; je ne pensais pas qu'on pût avoir autant les foies avec un simple pigeon sans être ornithophobe.


A quoi m'a conduit la folle du logis ? J'ai saisi le chat qui faisait les cent pas devant la cheminée et l'ai foutu dehors, comme j'ai l'habitude de le faire quand je veux rester seul avec ma concubine favorite pour lui raconter la dernière histoire de Toto. J'ai foutu ladite dehors aussi. J'ai ouvert la fenêtre. Me suis mis à quatre pattes, plaqué sur le côté de la cheminée, muni d'un cintre dont le crochet me servit à soulever le volet. J'attendis la furieuse envolée du pigeon qui ne vint jamais.

Je risquais alors un oeil craintif dans l'âtre, prêt à bondir en arrière au moindre mouvement suspect qui allait à coup sûr m'éborgner. Rien.


J'avais les mains sur les hanches et l'oeil plein de points d'interrogation quand ma compagne entra accompagnée du chat. Celui-ci se jeta sous le lit, se mit à claquer des dents et à regarder fixement, des lueurs meutrières dans les yeux, le sommet de l'armoire. Le pigeon nous y regardait de son air con de pigeon, et nous le regardions de notre air con de contribuables abonnés à E.D.F. Il était bêtement sorti en se dandinant puis, silencieusement, s'était posé sur ce perchoir.

Le cintre me servit encore, d'arme cette fois, pour effrayer le volatile. Il n'en fut guère impressionné ; j'en étais à me demander si je n'aurais pas plus de succès en lui agitant une boîte de petits pois devant les yeux quand il s'envola mollement par la fenêtre. Je l'y suivit pour l'accompagner du regard et jouir de ma satisfaction du travail héroïque bien fait.

Là, mes yeux tombèrent sur la voisine d'en face qui affichait un sourire narquois. J'étais à la fenêtre, en caleçon, un cintre à la main, poursuivant un pigeon, et cette jolie conne s'en amusait.


Les gens n'ont plus le sens de l'épopée, aujourd'hui.

Partager cet article

Repost 0
Published by Doude Baolescu - dans En direct de mon nombril
commenter cet article

commentaires

leduc 23/05/2008 19:19

Je suis pas sûr qu'un appel à goûteurs sur ce blog soit une bonne manière de vérifier ça ! En tout cas, je dois être un brin pervers, parce qu'imaginer un pigeon mort dans une boîte de kebab, ça m'a fait hurler de rire :)

Grand Pet 23/05/2008 17:29

Il faut avoir une nature profondément honnête pour s'effrayer de la rencontre avec un pigeon plutôt que de s'en réjouir : je te félicite !Il s'agit peut-être d'une épidémie de "pigeon encore plus con" — pour changer de "la vache molle" — car pas plus tard qu'hier j'ai moi aussi observé une de ses bestioles dans ses œuvres. L'œuvre en question était de type nature morte, je n'ai pas assisté à sa création et c'est aussi bien car j'ai un petit cœur sensible, j'ai l'ai juste croisée finie tandis que je marchais dans la rue. En gros un pigeon picorait des restes de khebab dans une boîte abandonnée dans un parking, une voiture s'est pointée, le pigeon a estimé qu'il avait encore le temps d'en prendre une becquetée et ça s'est avéré faux. Résultat : un pigeon dans une boîte en polystycrotte, les deux étalés en 2D sur l'asphalt. Servez chaud, dégustez !Un pote a suggéré un autre scénario : qu'il s'agisse d'une nouvelle recette de McDo, le McPigeon. A vérifier.

doude 18/05/2008 20:19

PS : Je tiens à préciser que les faits relatés ici sont rigoureusement authentiques.

Leduc 16/05/2008 11:02

Je pense jamais au verre d'eau...

cubik 16/05/2008 10:51

fallait y aller au verre d'eauon ne pue jamais sans raison