Il ne voit tout d’abord qu’une masse blanc terne posée sur son ventre, vaguement sphérique, d’où provient le bruissement d’un souffle. Il sent sur la hampe de son sexe l’effleurement d’un tissu, et sur l’extrémité le mouvement régulier d’une chose rêche et craquante, parfois remplacée par une caresse molle, humide et mobile.
C’est alors qu’elle tourne la tête vers lui, comme alertée par son éveil. Elle est entourée de gaze, sauf les yeux et la bouche, et ceux-ci sont noircis, boursouflés, couverts de croûtes et de chairs à vif. Elle le regarde avec un air farouche et déterminé. L’érection de Jérémy tombe immédiatement. Il sue d’un coup ce qui lui semble être toute l’eau de son corps et a un tressaillement bref. Il veut crier mais un mouvement de la fille bloque son cri au fond de sa gorge : la gaze enroulant sa tête rongée a commencé à bouger, s’enfler par endroits et palpiter avec un bruit écoeurant. Ses mains, elles aussi recouvertes de gaze, remontent le long du corps de Jérémy, mais elles ont désormais quelque chose de pointu, de piquant. La bouche craquelée de la fille s’ouvre sous la poussée de deux masses cliquetantes et pointues. Des touffes de poils noirs, raides et hérissés, se mettent à s’échapper en chuintant des échancrures de la blouse de malade dont elle est revêtue. Les pans de celle-ci retombent de chaque côté de son dos lisse, noir et cambré suivi d’un abdomen gonflé et chitineux que des pattes velues traînent comme un sac de boue. Et c'est une araignée, gigantesque et monstrueuse, que Jérémy voit ramper vers sa bouche pour un baiser. Il hurle.



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