Lundi 28 septembre 2009 1 28 09 2009 11:57
- Publié dans : On dit qu'au moment de mourir - roman

Il ne voit tout d’abord qu’une masse blanc terne posée sur son ventre, vaguement sphérique, d’où provient le bruissement d’un souffle. Il sent sur la hampe de son sexe l’effleurement d’un tissu, et sur l’extrémité le mouvement régulier d’une chose rêche et craquante, parfois remplacée par une caresse molle, humide et mobile.

C’est alors qu’elle tourne la tête vers lui, comme alertée par son éveil. Elle est entourée de gaze, sauf les yeux et la bouche, et ceux-ci sont noircis, boursouflés, couverts de croûtes et de chairs à vif. Elle le regarde avec un air farouche et déterminé. L’érection de Jérémy tombe immédiatement. Il sue d’un coup ce qui lui semble être toute l’eau de son corps et a un tressaillement bref. Il veut crier mais un mouvement de la fille bloque son cri au fond de sa gorge : la gaze enroulant sa tête rongée a commencé à bouger, s’enfler par endroits et palpiter avec un bruit écoeurant. Ses mains, elles aussi recouvertes de gaze, remontent le long du corps de Jérémy, mais elles ont désormais quelque chose de pointu, de piquant. La bouche craquelée de la fille s’ouvre sous la poussée de deux masses cliquetantes et pointues. Des touffes de poils noirs, raides et hérissés, se mettent à s’échapper en chuintant des échancrures de la blouse de malade dont elle est revêtue. Les pans de celle-ci retombent de chaque côté de son dos lisse, noir et cambré suivi d’un abdomen gonflé et chitineux que des pattes velues traînent comme un sac de boue. Et c'est une araignée, gigantesque et monstrueuse, que Jérémy voit ramper vers sa bouche pour un baiser. Il hurle.

Par CorineTitgoutte - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander

Samedi 26 septembre 2009 6 26 09 2009 11:54
- Publié dans : On dit qu'au moment de mourir - roman

Le souffle chaud et saccadé de la fille enrobe son ventre ; elle a la tête posée contre son abdomen et elle pratique sur lui des caresses agaçantes et terriblement agréables, des gestes qui se confondent avec l’air qu’elle expire à un rythme qui ne laisse pas de doute sur son désir. Les tempes de Jérémy sont moites, ses yeux sont fermés et il se rend compte qu’il respire lui aussi bruyamment. Son cœur cogne dans sa poitrine comme une hache de bûcheron sur du bois de chauffage et ses coups résonnent en un tapage infernal qu’il estime perceptible dans tout l’hôpital. Cela ne fait qu’amplifier son excitation.

Il se laisse aller, bercé par le rythme des caresses et de son propre cœur, mais une pensée fugace fait poindre un soupçon d’inquiétude. Il est encore sous le coup de l’impression de déjà-vu qu’il avait ressentie à la visite du médecin. Une impression qui, tout au fond de son cerveau, titille son disjoncteur intime, son point limite de panique. Quelque chose cloche avec cette fille, et appuie au même endroit.

Il entrouvre les yeux.

Par CorineTitgoutte - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés